Objets du souvenir

La Gargoulette

Une gargoulette est un récipient en terre cuite utilisé dans les régions HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_M%C3%A9diterran%C3%A9e » \o « Mer Méditerranée »méditerranéennes pour contenir de l’eau. Selon les régions, on peut également l’appeler alcarazas ou botijo, notamment en HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/Espagne » \o « Espagne »Espagne. Il s’agit d’une HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/Cruche » \o « Cruche »cruche poreuse qui permet par HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vaporer » \o « Évaporer »évaporation de rafraîchir l’HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/Eau » \o « Eau »eau qu’elle contient. Le bec étroit permet de diriger le jet directement au fond de la gorge, 
il en est venu l’expression boire à la gargoulette, synonyme de boire à la HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9galade » \o « Régalade »régalade.
Termes spécifiques ou techniques ce récipient très utilisé avait sa place en un lieu épisodique, tantôt en cuisine, souvent au pas de la porte mais fréquemment casé aux endroits frais.
La fraîcheur se conservait grâce à une bonne vieille méthode laquelle consistait à entourer son pourtour de chiffons (trapos!) humides.
En période de fortes chaleurs, on peut dire que la gargoulette était fort appréciée! D’un geste prompt les doigts sous l’anse, il suffisait de la maintenir sur l’avant bras situé à quelques centimètres de la bouche afin de recevoir un jet étroit au fond de la gorge.
Les gens d’El-Ançor avaient une dextérité pour cela et en particulier les travailleurs des champs lesquels marquaient une pause de courte durée.
Comme cité plus haut le style était parfait, précis, d’un revers de main prolongé vers  la manche la bouche était essuyée, suivi d’un claquement sec de la langue afin de signifier une certaine satisfaction.
Aussitôt après elle était rangée dans le tombereau, les trapos encore humides autour car il va de soi qu’il y aura un prochain « traguito »
Au retour, vers midi, les « hue dia Mula » étaient fréquents. La soif tenaillait de nouveau bête et honorable Tonico ! Je me trouvais devant le portail les bruits caractéristiques des sabots se faisaient entendre, le temps de retirer la lourde barre et voila l’équipage à l’intérieur de la cour.
Un bras se tendait et au bout la gargoulette, ce qui voulait dire un remplissage d’une eau fraiche que je m’empressais de remettre à la tante, les « trapos » étaient de nouveau imbibés et le tout placé dans son coin initial.
Après avoir retiré le harnais et son équipement à la « mula » Tonico se dirigeait à l’intérieur pour le « traguito »supplémentaire lequel faisait l’objet d’un cérémonial consistant à reculer la casquette ,d’un geste lent agripper la gargoulette, et se verser au fond des amygdales le jet rafraichissant sans omettre le fameux claquement.
Le repas suivait avec la sieste habituelle ! Moi je restais dehors le regard tourné vers les deux trous tout en haut de la montagne toujours aussi perplexe même 48 ans passés.
Nostalgie bien sûr mais heureux de rédiger à ma manière ce que fut mes séjours là-bas, 
à El-Ançor, lieu de ma famille paternelle.

Adiou et bon dia à las gentolés del villatgé.

Francis Féménia
14/11/2010

Un instrument bizarre

Vous avez dit bizarre ? Par sa forme et son utilisation, ne serait-ce qu’une fois l’an, lors de la notché buéna, à savoir la veille de Noël, imaginez une sorte de tambourin de diamètre variable dans lequel est tendue une peau perforée au centre, afin de permettre d’introduire une baguette de bois ou un roseau. Bref ! une copie artisanale (plutôt bricolée) de l’original venant de la proche péninsule ibérique.
Il m’est impossible de vous dire les raisons de cet instrument lors de cette fête, mais à Oran et dans nos villages, c’était une coutume car il fallait du bruit, avant et après « la missa Del gallo ».

Sorte de percussion dont le son naissait par le frottement de la baguette, accompagné par les chants de circonstance bien de chez nous, tels que
Esta nit és notché buéna y Dema navida :

Sé va caîmar…sé va pa la Barranquilla

La barquetta dé la marsa bogua bogua y boguara

Mi habuélo ténia une gambéro une gambéro une gambéro…

Bom  bom bom la samboba clôturait chaque refrain

Une nuit relativement fraîche, mais peu importe, l’ambiance des jeunes et des moins jeunes chauffait l’atmosphère d’autant plus que les portes s’ouvraient afin de régaler ces musiciens tapageurs, par « oune troce dé pa y jamon con oune gotet dé vi »*.

Et de nouveau les sons assourdissants de ce satané engin en guise de remerciements !!!
Ah ! Que d’agréables moments dans toute l’Oranie, en particulier le village, où tout était oublié, durant cette douce nuit, en compagnie d’une famille attirante, par la gentillesse et le savoir-vivre !
Y dallé qué dallé ! La samboba reprenait ses accords !
Cela me restera gravé d’autant plus que ce bruit infâme est resté là-bas, à tout jamais.

Francis el moniguéro**

*Un bout de pain avec du jambon et un petit verre de vin.
**Appellation donnée aux valenciens d’El-Ançor.

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