La tomate

La tomata y la catchofa

Imaginons une conversation entre deux plantes potagères conçues par leurs exploitations respectives :

La première fière de son anatomie dira :

Je fus semée et entretenue par des gens du terroir, des travailleurs de souches différentes, des gens simples et respectueux de leur labeur.

Chaque jour d’une période propice on venait me dire bonjour, surveiller mon évolution, me fournir tous les ingrédients nécessaires, arroser la base de mes belles feuilles.

J’étais l’objet d’une surveillance attentive par mon « concepteur » dont je devinais son appréciation par le timbre de ses propos, les mimiques de son visage lesquelles semblaient dire « va bé Vorem. »

Le soleil aidant je prenais de l’éclat, d’une couleur rouge vive avec un léger teint vert clair à mon sommet et particulièrement de l’ampleur.

Bref ! J’étais belle à croquer

Après un long voyage, installée dans une confortable cagette je faisais l’admiration d’un négoce spécial et recherché car il va sans dire que j’étais une sorte de vedette.

Parmi tant d’autres de la famille herbacée on me surnommait :

La tomata… Moyar d’El-Ancoooorrr…

Pourquoi ?

Bien en chair, appétissante, ronde et ferme à souhait, craquante, appréciée en toutes circonstances par une certaine douceur et juteuse acidité.

Et bien oui c’est moi fière de ma terre ou j’ai vécue entre El-Ançor et Les Andalouses ! Parmi les rangées de vigne qui me faisaient une haie d’honneur.

Je ne suis pas un chardon, moi !

Que nenni !

Répliqua l’autre.

Je te trouve bien prétentieuse !

Aurais-tu oubliée que nous sommes du même endroit !la ou le soleil nous donne la vie, comme toi gorgée de ses rayons et en plus j’ai possédé une belle robe verte agrémentée de nombreux feuillages amassés autour de ma taille me donnant ainsi un aspect engageant.

J’ai connu les mêmes personnages passionnés de leur tache, car sais tu que cette terre était pour eux un sacerdoce, fierté d’une agriculture émergeant d’une dure besogne.

D’ailleurs je leur rendais bien par la taille rondelette de mon corps sans oublier mon réceptacle touffu et tendre à la fois ! Certains me logeaient tout en hauteur sur la colline entre El-Ançor et Bou-Tlélis, endroit idéal pour mon développement.

Inutile de te dire que l’on me surnommait :

« la Catchofa » d’El-Ancoooorrr…

Alors chère voisine « qué té parécé » ?

Et bien je pense que nous avons un point commun, le sol de notre région, le sublime environnement, l’art des exploitants, la satisfaction de notre qualité gustative.

On parlera encore de nous car notre réputation reste gravée dans les mémoires et ce aux quatre coins de la planète.

Donc à bientôt sur Terra Nostra !

Francis

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