Église

L’Eglise d’El-Ançor est une annexe de la paroisse de Bou-Sfer, doyenne d’Oran Sacré-Cœur. Elle fut construite en 1893 par les Ponts et Chaussées sur un terrain vendu à la commune par M. Motelet.


L’église a une forme rectangulaire de 24 mètres de long sur 9,20 mètres de large à une seule nef et comportant 10 fenêtres latérales munies de carreaux ordinaires et protégées à l’extérieur par un grillage à petites mailles. Sur le devant, deux fenestrons de part et d’autre d’un clocher en forme de tour carrée comportant sur les côtés trois fenestrons plus une ouverture circulaire au sommet. Sur la façade, une porte à deux battants surmontée de deux fenestrons et d’une ouverture circulaire. Le toit est à deux pentes surmonté d’une croix.

On accède à l’église par trois marches (photo ancienne) alors que nous avons connu une série de douze marches, suite à un décaissement du terrain sur le devant.

A l’intérieur, un porche avec deux bénitiers et la corde, qui servait à actionner la cloche, pendait. Sur le côté gauche, une échelle en bois qui amenait par une trappe au clocher.

En entrant à droite, le confessionnal en bois de couleur foncée avec des rideaux mauves. A gauche, les fonts baptismaux, l’harmonium servi par Angèle Fernandez épouse Ortillez et Elise Agullo, et derrière, l’emplacement de la Chorale des Enfants de Marie. Beaucoup se souviendront des « Minuit Chrétien » chantés par Louise Pénalva.

De part et d’autre de l’allée centrale, des bancs en bois avec dossiers, puis en se rapprochant du chœur, des bancs plus petits et sans dossier pour les enfants. Puis la table de communion et un chœur semi-circulaire avec le maître autel au centre. A sa droite, la porte de la sacristie où étaient entreposés les ornements sacerdotaux et qui servait également de vestiaire aux enfants de chœurs. A gauche, des bancs et pour Noël on montait la crèche avec le petit ange qui baissait la tête en remerciement lorsqu’on mettait une pièce dans la fente de la boîte qu’il tenait sur ces genoux.

Le plafond était voûté et d’immenses lustres à pampilles éclairaient l’église ; sur les côtés un chemin de croix et des statues :

  • Sacré-Cœur de Jésus
  • L’Archange Saint-Michel terrassant le Démon
  • Saint Antoine de Padoue
  • Sainte Jeanne d’Arc
  • Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus
  • La Vierge des 7 douleurs
  • Le Christ sur la croix
  • Saint Joseph
  • Saint François d’Assise (à gauche derrière l’harmonium)

Les trois derniers curés furent : Joseph Moralès, André Tornato et Etienne Navarro

En 1956, ce fut la visite pastorale de Mgr Bertrand Lacaste.

En 1949, Notre-Dame du Salut, plus connue sous le vocable Notre-Dame de Santa-Cruz fit le tour de toutes les paroisses de l’Oranie. Cet événement fut appelé le Grand Retour et dura 134 jours. Le départ fut donné le 13 février 1949, depuis le Ravin de la Vierge à Misserghin.

La Vierge arriva à El-Ançor le 8 juin au soir, où une foule l’accueillit. Il y eut une veillée mariale suivie d’une messe de minuit avec l’Abbé Moralès. Le lendemain matin, messe et procession dans les rues du village et départ sur Bou-Sfer. Toutes les voitures étaient décorées de guirlandes aux couleurs de la Vierge (blanc et bleu) confectionnées par les familles.

Les œuvres religieuses étaient animées par Madame Dolorès Ruiz secondée par Marie-Thérèse et Fifine Garcia.

Il y avait deux séances de catéchisme par semaine. Les jeudi et dimanche après-midi, c’était la promenade au « Pinicos » avec cueillette de fleurs sauvages : Glaïeuls, gueules de loups, boutons d’or, aubépine, pâquerettes et les célèbres abuelicas dont j’ignore le nom botanique et qui poussaient au ras du sol sous les arbres de couleur mauve et qui ressemblaient à une petite vieille portant  un fichu sur la tête, sans oublier les arbouses et les margaillons (cœurs de palmiers nains).

A chaque sortie aux « Pinicos », personne n’oubliait de s’arrêter au petit Marabout pour disposer des fleurs sauvages et embrasser la « pierre de la Mecque »… Ces balades se terminaient souvent devant l’église par des parties de foot ou de ballons prisonniers. Les supporters et supportrices assis sur les marches se déchaînaient.

Les jours pluvieux c’était la séance de cinéma avec un appareil de projection à images fixes dans un local au fond du patio à gauche ou bien à la salle Font (deuxième patio, cour Mazzanini). On avait droit aux aventures de « Perlimpinpin », « Sylvain et Sylvette » et à la « miche de pain ».

C’est toujours Madame Ruiz qui organisait avec les cars de la S.O.T.AC., les pèlerinages à Notre-Dame de Santa-Cruz, au Ravin de la Vierge à Misserghin. A la journée diocésaine des Croisés à la Cathédrale d’Oran, les enfants portaient une tunique blanche ornée devant et derrière d’une croix rouge et d’un foulard blanc sur la tête, serré au front par un ruban rouge, à l’image des Croisés de Saint-Louis. Le défilé des « Croisés » d’El-Ançor dans la cathédrale devant Monseigneur Lacaste était un moment inoubliable : la délégation du village comptait les « croisillons » les plus jeunes du Diocèse ! Le repas pris en commun à la « Protection de la jeune fille » au-dessus du cinéma « Idéal », clôturait une journée formidable.

Moment, on ne peut plus sérieux… l’examen de catéchisme ! Présidé par le chanoine Burdey, il se déroulait devant toute la population… c’était très solennel !

La procession pour les communions (solennelles et privées) partait depuis le bar « d’Agnès et Dolorica » jusqu’à l’église et après la cérémonie, c’était la photo souvenir sur les marches de l’église.

Pour la visite de Monseigneur Lacaste, à chaque confirmation, même rituel mais on ajoutait une allée de pots de géraniums pour embellir la parcours et honorer l’Evêque.

Les communions avaient souvent lieu au mois de mai, le mois de Marie. Durant tout le mois, l’église était ornée d’une multitude de fleurs: arums, œillets, glaïeuls… et les majestueux lys blancs (dits de communion) au parfum entêtant. En l’honneur à la Vierge Marie, on se retrouvait les après-midi pour des prières et des chansons dédiés à la Vierge.

Quand une « Enfant de Marie » se mariait, on redoublait d’efforts pour décorer et fleurir l’église… On suspendait aux lustres du tulle blanc et bleu et on déroulait le tapis rouge pour le passage des mariés. La mariée portait au cou un ruban bleu avec une médaille de l’Immaculée Conception comme toutes les « Enfants de Marie » qui faisaient la haie d’honneur en sortant de l’église…

L’église était vraiment le lieu de rencontres et de festivités de tout le village…
C’est là que se déroulaient les soirées de « missions » pour maintenir la foi : tableaux vivants, saynètes costumées… Quel travail pour Madame Ruiz, les Enfants de Marie, et les bénévoles chargés de la décoration et de l’animation ! Divertissement, moments de plaisir aussi et de folklore avec les feux de la Saint-Jean !

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