Livres

Lettre aux Libraires

Mesdames et Messieurs,

Je vous écris cette lettre pour vous faire part de ma colère et de mon profond mécontentement.
Quand je me présente devant un boulanger et que je demande « un croissant », il ne se gratte jamais la tête en ouvrant des yeux ronds. Il emballe le croissant dans du papier de soie et me le tend !
Chez vous, ce n’est pas tout à fait pareil, permettez-moi de vous le dire : par dix fois au moins (et rien que pour cette année) je n’ai pas eu satisfaction. J’ai gardé précieusement la liste des livres que je voulais lire, et que vous aviez été bien incapables de mettre à ma disposition :
Janvier : « Du cousu main » de Pepico Sapatero et « Salmeron et moi » d’Alain Péral.
Février : « Les Amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable » de Marie-France Rodriguez et  « Ujlaki, et moi  » de René Losana.
Mars : « Mes beaux quartiers, sur les hauteurs du village » de Joseph Lupion et « Diablo et socato, en plus ! » d’Edgard Martinez.
Avril : « Et puis un jour, j’ai arrêté d’arrêter les penalties » d’Alain Salmeron et « Des journées entières dans les mûriers » d’Honorée Lozano.
Mai : « De l’influence des queues de poissons sur les ondulations de la mer, aux Corailleurs » de Jean-Marie Mauri et « Tous les instants de ma vie » d’Isidore Pérez.
Juin : « J’ai bien connu El-Ançor » d’Eliane Coves et « J’ai vu le soleil se coucher en chien de fusil, aux Andalouses » de Charly Anton.
Juillet : « Dans la peau de Di Stefano » d’Yvon Cuenca et « Le Tour du village, en 365 secondes, chrono » de Maryvonne Sanchez.
Août : « Le Jaune et le Noir m’allaient si bien » de Gérard Teboul et « Dernières nouvelles de Moi » d’Isidore Pérez.
Septembre : «  Je me suis fait rare au village depuis quelques années » de Joseph Chupin et « Je me suis cherchée dans El-Ançor » de Bernadette Moya.
Octobre : « Quand les boules auront des dents » et « Je me pointe ou je me tire ? » d’André Coves.
Novembre : « Vu d’ici, je ne suis pas certaine que l’Ile soit Plane » de Germaine Compan et « Elle en sort, mais n’en saura rien » de Lucien Ortillez.
Décembre : « Ne rien faire est à la portée de tous » de Bernard Marty et « Il y aura des pelotas à Noël, pour tout le monde » de Michelle Pihalup.

Justement, Noël approche et j’espère que vous vous montrerez plus soucieux des desideratas de vos clients attentionnés.
Etonnez-vous, sinon, qu’ils se détournent de la vraie littérature et lui préfèrent « El-Ançor, vu d’en haut » de Yann Berthus-Artrand et « Mes discours, longs comme le bras » d’un certain Charles De Google.

Un lecteur attentif et un peu désabusé.

Livres qui restent à écrire.

N’importe quel El-Ançorien a un roman, une anthologie, un atlas, un dictionnaire ou un récit dans un coin de sa tête, et franchement, c’est peut-être là le meilleur endroit où ils peuvent se trouver…
Des livres qu’il reste à écrire et que vous lirez un jour, peut-être, oui certes, il y en a quelques uns… Nous nous efforcerons de vous les présenter, au fur et à mesure de leurs parutions…


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