Évocations

El Tio

Avec tout ce que sait El Tio depuis toutes ces années, on pourrait faire un livre… Il est vrai, aussi, qu’avec tout ce qu’il ne sait pas, on pourrait faire une bibliothèque.

El Tio laisse le temps au temps, et du coup, il ne fait plus grand-chose de ses jours.
Toute la vie du Tio est une succession de… ? De quoi, au juste ? De jours, on va dire !
Pour El Tio, si le temps devait s’arrêter, ça serait bien que ça soit sur midi pile.
Hier, El Tio préfère oublier, et demain, El Tio préfère ne pas y penser.

El Tio parle avec les mains. Surtout quand il a bu avec la bouche. Soit El Tio parle beaucoup, soit il se tait complètement. El Tio est un radical de la parole.
El Tio quand il a parlé longtemps, il se tait longtemps. Le temps que ça se recharge. El Tio est un type qui ne mâche pas ses mots, du coup il avale ses amabilités toutes crues.

El Tio se sent bien partout par ce qu’il n’a aucun sens de l’orientation. Mais, c’est qu’en même à El-Ançor, où il se sent le mieux. Avec toutes les choses qu’il y a partout dans le village, ce n’est pas trop facile pour El Tio de regarder dans le vide.

El Tio, depuis des années, mange toujours la longanisse de gauche à droite, comme quand il lit L’Echo d’Oran.

Et cette anisette, c’est pour quand ? – La nouvelle ou la normale ? El Tio, à toute question imprécise a toujours, en échange, une autre question très pointue.

El Tio, s’il allume en même temps tous les phares de son vélo, on le voit de la lune. Ça, sûr, ça ne fait pas l’ombre d’un doute ! Les influences de la pleine lune sur le comportement humain ne sont pas toujours bonnes. La preuve : El Tio avait prévu de rentrer tôt de sa grande tournée des bars… Total, ça n’a pas été le cas !

Il était bien « emborraché », El Tio, il a dit pas mal de bêtises, hier soir, non ? Est-ce qu’il a fait un bon audimat au moins ?

El Tio, bien qu’un tout petit peu malade, boit quand même sa kyrielle d’anisettes tous les jours. C’est une vraie leçon de vie, au quotidien, non ? Quand El Tio boit, El Tio devient un autre homme. Un autre homme qui boit ! Dès qu’il se réveille, il tousse, il crache. El Tio, c’est un vrai volcan !

Même tout bébé, El Tio ne bavait jamais. Mais, alors là, depuis ce matin, il ne sait vraiment pas ce qu’il lui arrive.

L’effet petite madeleine de Proust… El Tio, lui, il l’a, avec un beau morceau de soubressade ! A l’heure du casse-croûte.

Avec son chien, El Tio se comprend très bien. Même si il y a entre eux, bien sûr, la barrière de la langue. Il est vrai, aussi, qu’El Tio fait super bien le chien à l’arrêt !

El Tio parle l’arabe. Mais il ne le comprend pas toujours ! Et d’ailleurs, les Arabes, non plus, ne le comprennent pas.

Dans tous les cafés du village, pour El Tio, c’est une règle : il faut finir son verre ! On n’est pas des milliardaires, quand même !

El Tio, si on lui chasse son naturel… Il revient, tout de suite fissa, avec le bus de la Sotac, son naturel !

El Tio est un citoyen du Monde, mais pour les impôts locaux, il est plutôt local.

El Tio est tout à fait d’accord pour sauver la Planète. Toute la Planète ! Mais il ne la sauvera que d’El-Ançor. Que de devant sa porte !

Tous les jours un peu, El Tio s’inquiète et s’interroge: l’avenir c’est devant, le passé c’est derrière, mais sur les côtés, c’est quoi ? Pour ce qui est de l’avenir, El Tio préférait celui d’avant… Celui qui est derrière lui, aujourd’hui, forcément.

El Tio n’a jamais vraiment tout compris, mais dans la vie, on n’est pas obligé de tout comprendre. A dire vrai, El Tio n’est pas un génie ! Faire génie, ça ne l’a vraiment jamais trop intéressé !

Si El Tio ne devait amener, sur une île déserte, qu’un seul disque de Mozart, et qu’un seul… Il prendrait la 5ème Symphonie de Beethoven ! La musique, ça peut faire pleurer, si c’est bien joué. El Tio n’a jamais entendu de la musique bien jouée. Jamais !

« Paul et Virginie » ? Oui, ça lui dit bien quelque chose, au Tio. On va attendre un peu, il va trouver. Qu’on le laisse réfléchir. – Oui, mais pas une heure !

El Tio doit porter malheur. Chaque fois qu’il ne vote pas, « c’est un pas grand-chose » qui gagne. Le maire pour qui El Tio voterait, n’est pas encore né. El Tio n’a jamais voté. Et pourtant, on n’a jamais manqué de maire au village !

El Tio n’a plus d’âge. Il en a vécu des bien vertes et des pas mûres. Des paniers complets et entiers ! Aujourd’hui, le monde appartient aux jeunes et c’est tant mieux ! El Tio, lui, n’en voudrait pas de ce monde !

El Tio se souvient de sa jeunesse et d’une bagarre, comme il n’en a jamais vu depuis ! Personne ne se battait dans cette bagarre !

Trop, c’est trop ! C’est un peu vrai… El Tio est complètement d’accord ! Rester neuf mois dans le ventre de sa mère, El Tio ne pourrait plus le faire maintenant. Ça fait vraiment suer El Tio de toujours commencer par le commencement.

El Tio est un homme qui a passé sa vie à flanc de coteau et qu’on n’a jamais trouvé sur la hauteur, par pure modestie.

El Tio serait une brosse à dents, il aurait peur de ses dents !

Le poireau, ça a été ramené du Pérou par un grand navigateur. El Tio serait grand navigateur, jamais il ne ramènerait des poireaux !

Des jouets dans les paquets Bonux, El Tio trouve cette idée pas bête du tout. C’est vrai quoi, réfléchissons un peu : en jouant avec ces jouets, les gosses se salissent, non ? Bien vu, n’est-ce pas ? El Tio aime bien les jolies choses, oui, il aime bien, mais à petite dose.

El Tio est pudique, mais à un point, à un point ! Il est presque sûr que même son slip ne l’a jamais vu tout nu !

El Tio ne supporte pas ça ! Personne ne se curera le nez devant lui, même pas monsieur le curé !

El Tio n’a aucun projet pour l’année prochaine, ni pour tout à l’heure, non plus, d’ailleurs !

El Tio peut tout à fait vivre en harmonie avec la nature, la nature, surtout si c’est un champ de tomates.

El Tio, toujours un cure-dent dans son porte-monnaie pour crever un œil, au cas où, on ne sait jamais. Si par exemple, on l’attaque pour lui prendre son  porte-monnaie !

-Tio Manolo, vous êtes gaucher ? – Oui ! Je suis socato, c’est ma marque de fabrique !

El Tio, c’est un sacré bricoleur. On lui donne un clou tordu et rouillé, il nous en fait une tringle à rideau de compétition. Pour passer le temps, El Tio bricole et lit. Qu’est-ce qu’il lit El Tio ? Un bouquin pas mal, à ce qu’il paraît, qui s’appelle : « Je bricole sans peine ».

El Tio, tout ce qui est problématique l’intéresse un peu.

El Tio regarde dehors, El Tio réfléchit, El Tio ramasse un petit caillou, El Tio boit sa tasse de café, El Tio se gratte les fesses, El Tio, c’est l’homme-orchestre !

El Tio n’a pas toujours était fidèle àla tomate, c’est un adorateur du radis, aussi !

El Tio, le matin, il est aux Deux Trous, le midi, aux Pinocos, l’après-midi, il est à Sidi-Hamadi, le soir, il est sur la Place de l’Avenir. Partout, il a pied. El-Ançor, c’est grand comme une boîte à chaussures !

El Tio il aurait trois pieds, il n’en laverait que deux.

C’est possible que ça bouge tout seul un cadre ? – On ne sait pas, Tio. Il faut demander au Louvre.

El Tio s’il était artiste il ne ferait rien de ses journées ! c’est pas la peine d’être un artiste si c’est pour travailler, non ? Trois jours pour peindre une tomate, la purée ! El Tio lui préfère encore être maraîcher !

S’il était chercheur, El Tio, lui, ne saurait pas quoi trop chercher.

Joher quelle chaleur ! Tout le village suffoque. El Tio, lui, étouffe ! Il s’excuse de ne pas faire comme tout le monde, lui, il étouffe !

Ce qu’il aime, lui, dans les ports, El Tio, c’est les sirènes des bateaux. Tant qu’il y aura des sirènes de bateaux… C’est la Terre qui dit qu’elle est grande.

« Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde ! » . Donnez-lui un point d’appui au Tio et il se lève de bonne heure, El Tio, vous verrez !

El Tio ne se souvient pas d’avoir mis un jour des manches courtes !

Cette nuit, El Tio, il n’a rêvé de rien.

El Tio n’en revient pas de l’étonnement que lui cause le spectacle de son esprit. Il ne faut pas avoir peur d’être un peu tarambana. On n’a qu’une vie, dit El Tio.

El Tio est si heureux de donner un conseil à quelqu’un qu’il peut arriver, après tout, qu’il lui donne, complètement, dans son intérêt.

Les gants ça a la forme des mains, les chaussures ça a la forme des pieds, il n’y a que le slip du Tio qui n’a la forme de rien.

Pour El Tio, la meilleure habitude qu’il puisse prendre, c’est de prendre l’habitude de pas en prendre.

El Tio s’il était un parfum, il serait une soupe. La soupe à la tomate, celle qu’il préfère entre toutes.

El Tio a l’honnêteté de ne pas renier ses fautes passées par égard pour celles qu’il espère bien encore, un tout petit peu, commettre.

La modestie d’El Tio est peut-être une espèce d’orgueil qui arrive par l’escalier dérobé de l’arrière-cour.

El Tio, il serait la poussière, mais parole, il n’irait pas sous les meubles, il irait dessus ! El Tio est un peu de la montagne !

Le jour où on le verra rentrer chez lui et enfiler  des pantoufles, c’est que El Tio aura vraiment mal aux pieds.

On aura beau lui expliquer dix mille fois au Tio, s’il ne veut pas comprendre, il ne veut pas comprendre. Ce n’est pas une girouette, lui !

Ça va bien, Tio ? – Bof ! Comme, un lundi… – Oh ! On est mardi, Tio !

S’il avait pu choisir, El Tio aurait quand même voulu être lui, mais, si possible, avec tout plein d’argent en plus !

Avant de s’attaquer à comprendre le monde, El Tio avait déjà essayé de comprendre la cour où il est né. Là déjà, il a vu comme ce n’était pas si simple que ça!

El Tio veut bien prendre les transports en commun mais dans un car de la Sotac et assis à côté du chauffeur qui lui expliquera bien le parcours.

El Tio ne peut pas s’empêcher de tricher même quand il fait une réussite pour savoir si sa prochaine magouille réussira.

El Tio, lui, s’il va au bout de lui-même, il ne bouge pas,il a tout vu, il reste là où il est. Ça y est, il est arrivé !

El Tio met le réveil parce que le soleil ne fait pas de bruit quand il se lève avant lui, sans le prévenir. Dans la journée, El Tio mettrait bien des lunettes de soleil pour faire américain, mais ça ferait pas tellement américain. Il se connaît trop bien, El Tio ! Il n’y mettrait pas tout son cœur.

El Tio a le vague souvenir qu’autrefois, tout petit, il a marché sur une figue bien mûre. Tu parles d’un scoop pour celui qui l’écoute ! Tout le monde a fait ça.

El Tio, il a les oreilles qui se décollent à la chaleur. Du coup, il évite soigneusement de passer trop de temps sous le soleil.

Jusqu’à soixante, on continue de grandir, mais comme à partir de vingt, El Tio a arrêté de se mesurer, il ne sait plus trop bien la taille qu’il peut faire aujourd’hui.

Des couchers de soleil, beaux, beaux, vraiment beaux ! El Tio en a vu plein, tout plein. Aux Andalouses, surtout à l’époque, beaucoup plus beaux que ceux d’aujourd’hui ! Il aurait même pu en faire tout un tas de photos, mais il n’a jamais eu d’appareil !

El Tio ne serre pas la main de Monsieur Barleman, il serre comme un cheval !

Une fois qu’il a bêché son bout de jardin, El Tio, les ampoules il peut les compter sur les doigts de sa main. El Tio veut bien offrir à Dieu ses souffrances, mais il voudrait bien savoir ce que Dieu en fera.

Si El Tio ressuscite un jour, aller hop ! Il se tire aussi, il fait comme Jésus, il disparaît, on ne le revoit plus nulle part. Dieu, El Tio ne lui confierait pas son gosse. On cloue le sien sur une croix, il ne dit rien. Il reste là, les bras croisés. Tu parles d’un père !

Soi-disant qu’ils auraient trouvé des vestiges de la civilisation romaine aux Andalouses et aux Corailleurs. Comme s’il y avait eu des Romains à El-Ançor ! En tout cas, ce n’est pas El Tio qui les a mis. Et de plus, les fouilles, il a horreur de ça !

Le chômage, c’est un métier comme les autres, El Tio l’a fait, de tout son cœur pendant deux ans.

El Tio, lui, ce qu’il l’intéresse dans les années à venir, ce sont les années sabbatiques.

L’argent, El Tio ne crache pas dessus. Surtout, bien sûr, la petite monnaie !

Quand il était gamin, El Tio portait son goûter dans le cartable, comme un grand, à dos d’homme !

La danse classique pour El Tio, ce n’est pas de la danse. Rien à voir et pas comparable avec le tango, la valse et le passo doble !

El Tio, lui, la poésie, même si c’était un sport populaire ça l’enquiquinerait, c’est pour dire.

El Tio, de la poésie, il en a lu, bien sûr ! Il a pu constater que, souvent dans les poésies, ça ne va jamais. Les types qui écrivent des poèmes ne sont jamais contents. Et cependant, ce sont des poètes, qu’ils disent ! Un tomatero, par contre, ça ne se plaint pas, ça ne s’est jamais plaint et ça ne se plaindra jamais. C’est pour ça, sans doute, qu’il n’y a jamais eu de poèmes, ni sur les tomateros, ni sur les tomates !

Si Monsieur Picasso n’aime pas les femmes, qu’il n’en dégoûte pas les autres ! El Tio n’aime pas du tout, du tout, la façon de peindre du maître.

El Tio, lui, il a fait le triathlon d’El-Ançor ! Concours de pêche, concours de pétanque, concours de belote. Il n’a pas gagné mais l’important, comme disait le Maréchal Bugeaud, ça a été de participer !

Quand il était petit El Tio se dopait. Avant le foot, il s’avalait cinq ou six tomates bien mûres. Aujourd’hui, El Tio fera du sport quand ça lui fera repousser les cheveux !

Mis à part l’anisette, El Tio n’a aucune faiblesse ! Ah si, une ! Les prunes à l’eau-de-vie ! Mais c’est tout !

Un peu d’anisette estime El Tio, plus un peu d’eau, c’est diviser pour mieux régner, ça ! El Tio, personne face à lui, n’aura jamais raison quand il a bu !

Si quelque chose devait manquer un jour au Tio, ce ne serait pas l’anisette, mais l’ivresse.
El Tio s’est endormi le nez dans son anisette. C’est moins dangereux qu’au volant, bien qu’El Tio ne conduise pas.

Quand El Tio choisit un apéro tout le monde fait comme lui. Il ne fait pas exprès, c’est comme ça, il paraît que c’est un leader, El Tio !Ah, mais !

« L’eau est potable alors que l’anisette est désaltérante ! » El Tio, en vrai scientifique qu’il aurait pu être, aime bien expliquer les différences. El Tio, il boit comme il respire, avec la bouche et avec le nez !

Tous les jours, elle le voit rentrer avec un petit coup dans l’aile et El Tio qui oublie, à chaque fois, de l’arroser ! Ce  n’est pas une vie pour une plante, ça ! El Tio ne mange que ce qu’il fait pousser. Quand il donne son sang c’est comme s’il donnait un peu des légumes de son jardin.

Dès qu’il a un petit moment de calme pour lui, El Tio picole en partenariat avec lui-même, au fond du jardin. Il a la main verte… Et le nez rouge !

El Tio, qui est surtout un spécialiste confirmé de l’anisette, est sûr que le vin rouge, ça fait moins rougir que le vin blanc. D’ailleurs, il va le vérifier sur le champ… Dans son jardin !

El Tio, chaque fois qu’il refuse un verre, ça lui fait un cheveu blanc en plus. Les cheveux gris d’El Tio, c’est de la vraie poussière du temps.

A son âge El Tio rêve encore. Il rêve d’un monde où, on serait tous égaux. On n’en boirait pas deux quand lui, El Tio, n’en boirait qu’un !

Il n’est pas plus bête qu’un autre El Tio, mais pour une centaine de millions, il est capable de devenir complètement crétin.

L’Anisette Nouvelle est arrivée ! El Tio veut bien en profiter si quelqu’un veut bien l’inviter à la déguster. Il ne faut pas qu’El Tio en boive trop de l’Anisette Nouvelle. Il se l’ait juré à lui-même ce midi en la goûtant. Manque de pot, elle est bonne !

Sûr et certain, qu’avec ce qu’il boit comme anisette, El Tio, sa matière grise est blanche comme le cristal.

Est-ce qu’un aveugle en plein delirium peut voir des araignées ? Personne ne s’intéresse à ce type de problème. El Tio, apparemment, oui !

Son grand-père faisait la tournée des cafés, son père faisait la tournée des bars, El Tio, sans aucune préférence, va dans tous les cafés et bars du village, c’est l’atavisme qui veut ça. Dans la famille, ils ont toujours eu l’anisette dans le sang !

El Tio peut rester debout des heures s’il y a un comptoir à portée de coude. A la maison, dès qu’il rentre, il s’assoit sur la première chaise venue et à sa portée. Bien accoudé au bar, El Tio va essayé de le redire, en direct-live : « Les chaussettes de l’archiduchesse chont chaisses… Raté ! ».

El Tio ne va pas passer sa vie toujours dans le même café bar, il a rendez-vous aussi dans un autre café bar, de l’autre côté de le Place. L’anisette est la même. La kémia, non ! C’est ça qui le change de la routine.

El Tio donne souvent l’impression qu’il a déjà bu dans le bar d’à côté, tellement il a souvent le coude tout mouillé.

Et pourquoi que, dans les Cafés-Bars d’El-Ançor, il n’y a jamais de période des soldes pour l’anisette. ? Ça marcherait ! El Tio en est sûr et presque certain.

Une usine d’anisette, dans la plaine des Andalouses, c’est quand même moins joli à regarder qu’une vigne. El Tio a des avis très affirmés.

A la fête du village, la première chose qu’El Tio regarde chez une femme, c’est ce qu’elle boit.

El Tio ne met pas d ‘eau dans son anisette. Il boit comme un veuf, il pleure dedans. El Tio, quand il est paf, ne se rappelle plus de rien. Mais souvent, ça lui fait ça aussi quand il ne boit pas.

Si El Tio s’envoie tellement d’anisettes dans le gosier c’est qu’il a quelques abdos sur la glotte.

El Tio creuse sa tombe avec tous ses verres d’anisettes, elle ferait cinquante mètres sur cent mètres. Au bas mot !

Plus El Tio boit, plus il a soif. Comme un grand tas de sable. Il ne sait pas ce qu’ils mettent dans leur anisette, mais qu’est-ce qu’il était emboratché, El Tio, hier soir !

Chaque lendemain de cuite, El Tio a tellement le cafard qu’il lui faudrait, comme qui dirait, un soutien psychologique.

Pour le jour, une crème de jour ! Pour la nuit, une crème de nuit ! Pour El Tio, une crème Cassis, peut-être, pour changer de son anisette ?

El Tio, s’il savait comment ça marche pour remplir les papiers, c’est sûr qu’il ferait un club des Amis de l’Anisette, au village.

Ça y est ! Cette semaine, El Tio a arrêté l’anisette. Il tient bien le coup. Combien de temps ça fait maintenant ? Deux jours et une heure ? Nouveau record.

El Tio n’arrive pas à s’endormir en ce moment, il ne boit plus à sa soif. Depuis qu’il a arrêté l’anisette, tout s’est détraqué !

Une petite anisette, Tio ? Vous ne buvez plus, ou quoi ? – Non merci, on ne peut pas être et avoir tété…

El Tio n’écrit jamais, pas même de cartes postales. Du coup personne ne voit les fautes d’orthographe qu’il fait en parlant. Et s’il devait emporter un livre sur une île déserte et plane comme celle des Andalouses, El Tio prendrait le livre qu’il a chez lui.

El Tio, à sept ans, il ronflait déjà !

Depuis deux jours, El Tio est sur le pied de guerre. L’autre pied est sur le coussin à cause de la goutte. Il s’inquiète aussi pour tous les mètres d’intestins qu’il a dans le ventre. El Tio est sûr que c’est moins bien rangé là-dedans que son tuyau d’arrosage dans la cabane, au fond du jardin.

El Tio a remarqué qu’il faisait plus souvent des efforts d’amnésie que des efforts de mémoire. El Tio pourrait faire la liste de tout ce qu’il a oublié au fil des années. Il se souvient pratiquement plus de ce qu’il a oublié que de ce qu’il se rappelle.

Si El Tio boit toutes ses anisettes c’est pour essayer de mieux se souvenir.

Un jour peut-être, à El-Ançor, on aura des voitures qui se conduiront toutes seules. C’est réglé d’avance, El Tio, lui, ne la laisserait pas sortir toute seule, le soir !

S’il avait une voiture, El Tio, au prix où est l’essence, il ne la mettrait pas dans son réservoir, il la boirait. L’essence, justement, El Tio va en mettre en bouteilles dans sa réserve. Il la revendra avec une très grosse plus value, dans dix ans ou plus.

El Tio a un pied qui sent plus que l’autre, c’est normal, ça ? Faudrait, peut-être demander à la science !

Ce matin, El Tio se sens comme une pincée de sel qu’on aurait jeté dans un paquet de sucre en poudre. La semaine dernière, c’est un passage à vide qu’il a eu. El Tio aime autant ça que ses passages à plein, mais moins, quand même !

El Tio, il va se mettre un suppo, comme ça elle passera, fissa, sa fièvre du samedi soir.

Mal de dents, mal d’amour. Avec ses chicots pourris, El Tio ça l’étonnerait quand même.

El Tio n’est pas un, il est plusieurs à lui tout seul. Un vrai bordel, là-dedans !

Il va comment El Tio, ce matin ? Il a actuellement, pratiquement, un pied dans la tombe.

Trop de vagues à l’âme, ce soir, El Tio ! Il va se faire une grosse tempête, il le sent, il le craint. Et le cœur aussi d’El Tio qui ne se repose jamais. Mais son foie non plus !

El Tio, quand ça va mal, il se prépare pour quand ça ira mieux et, quand ça va mieux, il se prépare doucement pour quand ça ira mal.

El Tio n’aime pas trop travailler, mais il admet que les autres travaillent. D’arrache pied !

Dieu n’avait fait que l’eau, mais l’homme a fait l’anisette, à la grande satisfaction d’El Tio !

Après tout ce que les hommes ont fait pour lui, Dieu aurait tout de même pu se donner la peine d’exister ! C’est ce que pense El Tio, qui ne croit pas en Dieu…

Depuis qu’ El Tio a entendu dire que ce sont les meilleurs crus qui donnent les plus fortes cuites, il aimerait voir ça d’un peu plus près. El Tio, lui, il ne participe qu’à un seul rassemblement religieux, c’est les vendanges.

El Tio, dit que lorsqu’il dort, il dort de bon appétit.

El Tio se demande, alors que la terre est ronde, mais il n’a pas vérifier lui-même, bien sûr, comment se fait-il qu’on puisse se parler des quatre coins de la terre ?

L’ombre de ses oreilles écartées empêche la barbe d’El Tio de pousser sur ses joues.

Le bruit qu’il faisait El Tio avec ses copains à vingt ans ! La guitare et les chansons à tue-tête, toute la nuit. Aujourd’hui, il enverrait les gardes-champêtres et les gendarmes.

Les pages de L’Echo d’Oran qui se colle entre elles, alors s’il y a un truc que El Tio n’aime pas, c’est bien les pages de L’Echo d’Oran qui se comme entre elles !

Un livre, El Tio, si au bout d’une ligne, ce n’est pas trop intéressant, il arrête tout de suite. Sans aucun regret ! Sans faire machine arrière…

Les galères, El Tio, il n’aurait pas pu, on est toujours assis dans le sens contraire de la marche. Alors que dans le car de la Sotac, c’est toujours dans le sens de la marche qu’on est assis et, en plus, c’est plus poli, on ne tourne pas le dos au chauffeur !

El Tio préfère rater le car de la Sotac que courir après… Il n’est pas un cheval de course, tout de même ! El Tio ne comprend pas trop bien pourquoi, dans les courses, on met des jockeys sur les chevaux. Ils tiennent debout tout seuls, les chevaux ! Ce ne sont quand même pas des vélos !

El Tio a reçu une nouvelle invitation, qu’il s’est empressé de refuser, pour un séjour à la neige, tous frais payés. El Tio, lui, c’est sûr, on ne le verra jamais sous une avalanche !

El Tio a pris ses premières vacances à soixante ans, et il est resté dans son jardin à regarder, mûrir sur pied, ses tomates.

Tous les hivers, El Tio a très envie de se marier : il fait froid, les cafés sont enfumés… Mais, dès le printemps, ça lui passe !

On ne peut pas tout dire à sa femme, d’ailleurs, El Tio, s’il avait eu une femme, il aurait préféré de ne rien lui dire du tout.

El Tio croit savoir que c’est dur pour une femme la ménopause, c’est un peu comme pour lui la tremblote…

Qu’est-ce que tous croient que c’est, les vieilles : d’anciennes jeunes ! C’est toujours un vrai devoir pour El Tio d’informer, comme il faut et avec dévouement, l’ensemble de ses contemporains !

El Tio a de sacrés trous de mémoire ! Il lui arrive, par exemple, de poursuivre les jolies femmes du village, et il y en a… Mais il ne se souvient plus pourquoi !

Il y a très longtemps, dans un stand e la Foire Internationale d’El-Ançor, El Tio a vu une grosse bonne femme, énorme, vraiment énorme. A son humble avis, c’est la plus grosse femme du monde qu’il lui a été donné de voir au village.

El Tio plait beaucoup aux femmes. Il plait tellement qu’il ne se lave même plus, s’il veut.

Si la corne du rhinocéros est un puissant aphrodisiaque, El Tio se pose la question de savoir pourquoi cette espèce est-elle en voie d’extinction ?

El Tio, il y a bien longtemps, qu’il ne peut plus prétendre être le premier prix de la moindre tombola !

Picasso, pour El Tio, comme pour ceux qui ne s’y connaissent pas trop en peinture, on dirait que c’est accroché à l’envers, non ?

Quand il pense, El Tio, il pense à Michel-Ange. Il pense surtout aux voisins de l’artiste qui ont dû être constamment enquiquiner par les coups de marteau ! Et bing et bang ! Et dallé qué dallé, sur le burin! Ils n’ont pas dû, souvent, faire une bonne sieste, ceux-là !

Si une météorite tombe, par hasard, dans le jardin d’El Tio, personne ne lui remboursera ce qui a été écrasé, non, personne !

La mort ne fait pas peur El Tio, mais ce qui lui met le trac, quand même, c’est de ne pas savoir en quoi il sera réincarné. Si c’est pour revenir en cochon et finir en longanisse et morcilla, c’est pas la peine de mourir une première fois !

El Tio tape sur le figuier avec sa canne pour lui faire croire que c’est la hache, tellement il est bête son arbre !

- Vous irez à la retraite aux flambeaux, Tio ? – Je suis à la retraite, je porte pas de flambeaux, je fais plus rien, je me repose !

- Bachelard, c’était un philosophe simple comme vous et moi. – Remarquez, plein de fois, Tio, on vous trouve très compliqué.

Aujourd’hui, le monde appartient aux jeunes et c’est tant mieux, parce que El Tio, lui, n’en voudrait pas de ce monde.

El Tio n’a plus d’âge. Il en a vécu, des vertes et des pas bien mûres. Des paniers entiers même, de tomates ! El Tio n’aime pas trop tous ces jeunes loups qui donnent un coup de vieux à ses artères.

Tant bien que mal, El Tio vit dans le monde d’aujourd’hui, même s’il n’y a plus de vieux cerveaux d’autrefois comme le sien.

El Tio dit que tu sais que tu es vieux à partir du moment où tu as plus de doigts que de vraies dents.

El Tio, lui, avec tout ce qu’il sait aujourd’hui, il aurait mis la jeunesse à la fin de la vie.

Oui, depuis longtemps, El Tio a quelques cheveux blancs. C’est formidable les cheveux blancs, ça prouve qu’il a encore des cheveux.

El Tio est en train de vieillir, c’est sûr, mais on ne peut pas dire qu’il est … Tout à fait mûr !

C’est bien joli de vivre de plus en plus vieux, mais El Tio aimerait autant vivre de plus en plus jeune.

El Tio n’arrive jamais à imaginer que tout le monde vieillit en même temps. Il a l’impression d’être tout seul.

Jules César ! Ah, Jules César ! El Tio, ça ne le rajeunit pas tant que ça, cette époque ! El Tio préfère être lui, plutôt que Jules César, parce que quand on est Jules César, à l’heure qu’il est, on est plus là, pour personne !

El Tio, plus il prend de l’âge, moins il arrive à dormir. D’après lui, si ça se trouve, quand il sera tout à fait mort, il n’arrivera même pas à fermer l’œil de la nuit.

Avec tous ces allers te venus, tous ces transferts de cette intersaison à l’ESEA, El Tio ne s’endort pas tranquille.

En principe, comme Proust, El Tio, se couche souvent de bonne heure! Et comme les poules qui font pareil que Proust. En ce moment, ce sont souvent les grosses chaleurs… Impossible de fermer l’œil avant le petit matin !

Attention ! Le soleil est traître ! Qu’on ne s’inquiète pas pour El Tio, il lui tourne jamais le dos !

El Tio, lui, n’aime pas les défilés obligatoires. Il a envie de défiler, il défile. Il n’attend pas, pile poil, le quatorze, pour ça !

Beethoven était sourd, oui, et après ?… El Tio, aussi, n’entend pas bien. Et alors ?

Encore enceinte, la fille de sa voisine ?!? El Tio trouve qu’elle a toujours un enfant sur le feu, celle-là !

El Tio n’est pas allé vérifier de près si cela était vraiment vrai, que l’Amérique, du côté de l’Amazonie, était le poumon de la Terre, mais lui, il préfère les Pinicos qui, il en est sûr, nous aide à mieux respirer à El-Ançor.

- Quand il fait beau aux Pinicos, il fait meilleurs aux Corailleurs ! – C’est un dicton de vieux, ça, Tio ! – J’ai l’âge, fils.

En été, El Tio, deux heures par nuit, comme Napoléon, et le matin il se réveille, il est crevé. Comme Napoléon ? Moins, quand même !

La nuit, El Tio ne rêve pas, il dort c’est bien assez ! Il ronfle aussi, peut-être et sans doute, et ça c’est mieux que tout.

Quand El Tio se couche, il a toujours peur de se réveiller, heureusement que ça ne l’empêche pas de dormir !

Si El Tio était le soleil, il se coucherait aussi pour la sieste. Ça ferait les pieds à tous ceux qui continuent à faire quantité de bruits pendant ce court moment sacré !

-Vous n’arrivez pas à dormir, Tio ? – A quoi tu vois ça, fils ? -Vous êtes réveillé…

El Tio, il faudrait le payer pour qu’il retourne à l’école ! Il les voit, les jeunes de maintenant, ils apprennent des choses qui ne servent même plus le lendemain, ni aux jeunes de maintenant, ni à personne ! Le pire souvenir de l’école pour El Tio, c’est l’instituteur qui se mouche, à grand bruit, dans la classe et qui le réveille, à chaque fois !

Quand il entend sonner le glas, El Tio, à chaque fois, se prend le pouls pour vérifier qu’il est encore vivant ! Quand il sera encore plus vieux, El Tio veut mourir en scène, comme Molière, sur la place du village qui fut, pratiquement, le théâtre de tous ses exploits.

Pour El Tio, le Paradis c’est un endroit où il n’y a, tout juste, que du miel et du raisin. Même pas sûr qu’il y ait de la bonne charcuterie et des bananes bien mûres !

Par amour, ça l’étonnerait beaucoup, El Tio, qu’il change quoi que ce soit. Même sa cravate.

Généralement les jeunes demandent des conseils et puis ils ne les suivent pas, là, c’est une des multiples convictions d’El Tio.

El Tio a toujours voulu être chauve, il déteste les cheveux. El Tio a entendu dire que rincer ses cheveux à l’anisette les rendaient vraiment soyeux. Mais pas question, pour El Tio, de gaspiller la moindre goutte d’anisette, sur le peu de cheveux qu’il lui reste encore.

El Tio, son modèle, c’est lui-même ! Il est son meilleur modèle parce qu’il connaît ses erreurs, ses qualités, ses victoires, ses défaites et la quantité d’anisette qu’il peut absorber, quand il est en forme et quand il ne l’est plus tout à fait !

Si El Tio pouvait se dédoubler, il s’inviterait à boire l’anisette tous les soirs.

Après une série d’anisettes en file indienne, un cafard ça passe tout seul. Dieu sait si El Tio en a eu de gros cafards ! Dieu sait qu’il en a vu des files indiennes, El Tio !

Pour El Tio, il faudrait ne pas grandir. C’est quand on grandit qu’on grossit.

Incidemment, El Tio apprend que la rate ne sert pas à grand-chose. Mais de quoi se mêle-t-on ? Lui, de la rate, il en mange souvent ! Il n’y en a pas beaucoup au village qui aime manger avec El Tio, ni à midi, ni le soir. C’est vrai qu’il parle comme un pélican, la bouche bien pleine !

Il n’y a pas trop de freins sur le vélo d’El Tio. Espérons que ça ne finira pas mal pour personne !

El Tio, il serait ventriloque, il dirait plein de monstruosités et il accuserait, ça va se soi, la marionnette.

- Ah ! La, la ! Quelle époque on vit, quelle époque on vit, Tio ! – Oh ! Vous savez, les dinosaures, autrefois à El-Ançor, ils disaient pareil, eux aussi !

Les huîtres, El Tio en a mangé une fois. Il ne sait plus ce qu’il y avait dedans, mais il a trouvé que c’était bon.

El Tio, au bord de la mer, ne mange pas systématiquement que du poisson. Des fois, c’est des côtes de porc, des fois c’est des morcillas qu’il mange. Peu importe !

Son café du matin, c’est ce qui lui donne le coup de fouet au Tio, c’est l’énergie café-motrice, comme qui dirait.

Il coupe la viande, il met de la moutarde, il met le bout dans la bouche, il mâche, il regarde son assiette, il prend du pain, il boit, il avale sa petite pomme de terre… El Tio, au cours d’un repas, est multi-fonctions !

Pour la fête du village, El Tio veut bien payer des impôts pou les illuminations, mais alors qu’ils n’illuminent pas devant chez ceux qui ne sont pas imposables.

El Tio a un chat ce matin dans la gorge… Mais il n’aura pas de lait, son chat ! Ah non, pas question !

El Tio, quand il est en forme, peut faire rire le mur des lamentations.

Il arrête de boire, il grossit. Il arrête de fumer, il grossit. El Tio est sûr que s’il arrêtait de manger, il grossit.

El Tio ne mange jamais à sa faim, il mange toujours trop. Et quelques fois chez lui, quand il se sent trop seul, El Tio parle à sa soupe.

Ce matin au petit-déjeuner, un petit café et une grande et grosse morcilla pour El Tio. Pour lui tout seul, avec un bout de pain.

Même le jour de sa mort, El Tio ne croira pas en Dieu. Il attendra, peut-être, le lendemain, pour être sûr.

El Tio est un gastronome complet, ail, œufs frits, longanisse et pain pour bien saucer ! Le nec plus extra pour ses papilles.

El Tio, qui ne mange pas que des pommes de terre à l’eau, pense que pour un cannibale, un top-model ça n’a pas de goût. Que des os, en plus !

Parler en mâchant, El Tio en connaît quelques-uns qui le font. Parler en sirotant, il n’a jamais vu encore ça !

La pétanque, y’a que des vieux qui y jouent. La pétanque, pour El Tio, c’est pas pour les perdreaux de l’année.

Une fois qu’on a mis l’eau dans l’anisette, on ne peut plus la retirer, même pas El Tio, ni personne. Un avis définitif d’El Tio, grand spécialiste en la matière : l’anisette sans eau n’a rien d’imbuvable, contrairement à l’eau sans anisette !

Au village, l’anisette, ça devrait être obligatoire et gratuit. El Tio n’est pas le seul, à le dire et le penser.

El Tio aime bien quand il y a un jambon suspendu au plafond, ça lui donne l’impression que toute la maison peut se manger.

El Tio aime bien, aussi, les crêpes. Il en mange deux, ça y est, il n’a plus faim. El Tio, en ce moment, ce n’est qu’une petite faim qu’il a.

C’est El Tio qui l’affirme, tous les grands cuisiniers sont des hommes. Les femmes mettent trop de sel !

Ça doit être super dur de faire de la publicité. On doit passer des heures à mettre en valeur un camembert … El Tio, lui, il ne pourrait. Il se connaît trop, à midi, il se le prend ce camembert et il se le mange. Sans autre forme de procès !

Manger chez les Rothschild, pas question pour El Tio ! Il y aurait tellement de couverts à manier, qu’il se croirait trop invité à une grosse intervention chirurgicale.

A ce qu’il paraît, un jour, le béret ne sera plus du tout à la mode. Par quoi il sera remplacé ? Pour l’instant, El Tio n’en a pas la moindre idée.

- Tio, est-ce vrai que vous avez appris à nager avant de savoir marcher, ou c’est une légende ? – Je ne sais pas nager !

El Tio ne sait pas trop comment il va faire, pour la bise du Nouvel An, vu qu’il a la grosse grippe. Celle qui éloigne à dix pas, même ceux qui sont les plus câlins !

Pour El Tio, ce n’est si grave que ça qu’il ne pleut pas, tant qu’il ne pleut pas juste au-dessus de son lit…

Duparc-Fouques qui ? El Tio a raison, dit à l’envers, on ne sait plus qui c’est le maire d’Oran.

El Tio n’aime pas quand es gens parlent anglais, on ne comprend jamais toutes les bêtises qu’ils disent.

- Le diable, si ça se trouve c’est moi, et tu trouves moyen de me parler ? – Tio, je ne vous parle pas, je vous écoute.

Qu’on ne lui fasse pas dire ce qu’il n’a jamais dit, El Tio. Jamais ! Qu’on vérifie avant, merci !

El Tio, on lui donne une Juva 4, il nous en fait une Juva 2 au premier virage… El Tio n’a ni son permis, ni la dextérité de Fangio. Nul n’est parfait !

La nuit dernière, El Tio, a rêvé qu’il avait des roues à la place des bras. Il a rêvé aussi qu’il roulait sans permis. Résultat de la nuit : il a trop mal dormi !

El Tio s’excuse, mais pour un Noël, sans pelotas, ce n’est pas un vrai Noël.

Il fait quoi El Tio le lendemain de Noël ? Rien. Il est toujours malade le 26 décembre !

Après de très longues années de réflexion, El Tio ne voit toujours pas trop bien à quoi ça sert, les ongles des pieds ?

Verdi, El Tio estime que ça s’écoute comme une lettre à la poste. El Tio, musicologue très éclairé ! Bartok ? A petite dose, hein, pour El Tio, je vous prie ! Toutes petites les doses, hein ?!? Pareil que pour l’eau dans son anisette !

Pour imaginer l’infiniment petit, faut déjà pas être trop bête. Alors l’infiniment grand, El Tio n’en parle même pas !

Beaucoup de gens parlent sans réfléchir, mais attention, El Tio se met dedans !

Il a la langue bien pendue aujourd’hui, jamais il n’arrête de tchacher El Tio ? – Pour dire quoi ?

L’immortalité, ça fait combien de dimanches, exactement ? Là, El Tio cale complètement sur le sujet.

Et un beau jour, bientôt peut-être, le passé aura disparu car il n’y aura plus personne pour le raconter. Même plus El Tio…

La Tia

Naître, La Tia  la fait une fois. Même si on la payait, elle ne le referait pas. La vie, c’est trop dur, ma fille ! Et sa vie mise aux enchères, La Tia n’y mettrait, ni un « douro », ni encore moins une pièce de un franc.

Son passé, La Tia, elle le sait par coeur. Son futur, elle le sait sur le bout des doigts. C’est son présent qu’elle ne sait sur rien du tout.

La Tia mange, La Tia dort, La Tia se réveille. La Tia s’auto suffit, du soir au matin.

La Tia n’est pas bien grande et, peut-être que si elle avait mangée plus souvent, elle serait moins petite, aujourd’hui ? La Tia, si elle avait été grande, elle aurait été mince. Archi mince, mais pas au point de faire des défilés de mode, hein !

La Tia ne sait au juste si l’appétit vient en mangeant, mais elle sait une chose depuis qu’elle est toute petite, l’appétit ça vient surtout en ne mangeant pas.

La Tia, les sucres lents, elle, ça la fait dormir. Dormir comme un « tronco » ! Comme une bûche, plus précisément.

Pour La Tia, l’important, c’est la beauté intérieure. Pareil que comme pour les tomates farcies  qu’elle réussie comme personne!

La grande musique ? La Tia, elle, préfère la grosse, celle avec des tambours et des trompettes, comme pour le 14 juillet, ou je ne sais plus quelle cérémonie sur la Place de l’Avenir.

La Tia n’aime pas du tout le lundi, ça lui gâche complètement son dimanche. Le lundi, elle n’est pas à prendre avec aucune pincette. C’est comme ça depuis toujours. Le lundi, La Tia, il lui est encore plus difficile de régler son humeur que ses comptes qu’elle a à la Poste.

On ferait parler tous les meubles rustiques qui encombrent la maison de La Tia, ils diraient que c’était mieux avant.

La Tia avait de toutes petites mains quand elle était petite. Les gens qui lui prenaient la main croyaient qu’elle n’en avait pas.

La Tia, régulièrement, grossit juste pour voir ce que les gens vont dire, surtout ses voisines.

Le monde est à l’envers, c’est ce que pense tous les jours La Tia et il faut la croire. Elle s’y connaît plus que toutes ses voisines réunies.

Cette musique qu’on entend, là, ça rappelle des souvenirs à La Tia, mais elle ne sait plus trop bien lesquels. Il y en a tellement des souvenirs… Et des musiques qui se ressemblent beaucoup !

Les soirées inoubliables, La Tia ne s’en souvient pratiquement jamais et de toute façon elle s’y embête, sûrement.

La Tia se souvient des petites choses, mais tout ce qui est inoubliable, elle ne s’en souvient plus, ça mémoire c’est comme du gravier.

Ce matin, en allant à l’église, La Tia s’est fait piquer par un moustique. Au retour, elle est passée par le même chemin pour lui faire la morale et lui passer un bon savon !

La Tia, qui s’est mise au régime, sous la véranda a avalé une mouche. Deux calories !

La Tia ne sait pas qui mais alors, il y en a un qui ronfle dans le quartier ! Son enquête dure depuis six semaines.

La Tia ne connaît personne dans le village qui soit aux normes. Aux normes de quoi ? Elle ne sait pas trop. Aux normes, quoi !

Tomber enceinte, tomber enceinte ! Aïe ! Dios myo ! Comme si enceinte, c’était un escalier ! La Tia, il y a des expressions qu’elle ne comprend pas toujours bien !

L’amour, La Tia dit que c’est des histoires pour que les gens s’aiment et achètent de la vaisselle, qu’ils se jetteront, un jour, à la figure !

La peinture, ce n’est rien qu’un truc qu’on fixe au mur avec un clou. Renoir n’est rien sans un clou. La critique n’est pas grand-chose, sans La Tia !

Mais qu’est-ce qu’elle fait, à la fin, cette mouche sur le pin de La Tia ?!? Son exercice physique, ou quoi ?

Quand elle a épousé son mari, La Tia ne sait pas ce qu’elle avait derrière la tête. En tout cas, depuis, et jusqu’à maintenant, elle a des bosses !

La Tia est très réservée sur Miss Monde. Elle n’aurait jamais, elle, voulu être Miss Monde, vous pensez ! On ne peut plus sortir de chez soi, tout le monde vous pince les fesses !

La Tia estime qu’elle a un problème : elle ne sait pas comment faire plaisir, alors, du coup, elle devient agaçante. C’est souvent comme ça avec La Tia.

L’air d’El-Ançor est le meilleur air que La Tia connaisse. Pourtant, La Tia n’aime pas respirer. Depuis qu’elle est toute jeune, elle n’aime pas respirer !

La Tia, si elle était cannibale, elle ne ferait pas la vaisselle. Elle n’en aurait pas du tout à faire.

La Tia garde, dans une boîte, tous les horoscopes de tous les jours de l’année, comme ça elle sait ce qui lui est arrivé.

La Tia a toujours rangé ses photos dans une boîte à biscuits. Ça fait des souvenirs qui sentent le biscuit. Encore faut-il se souvenir où elle est passée cette boîte !

La Tia a appris que Picasso peignait les femmes avec une bouche à la place de l’oreille. Si c’est vrai, ça  prouve bien que Picasso connaissait les voisines de La Tia !

La Tia n’a pas assez de ses journées pour faire tout ce qu’elle a prévu. Ça ne la rassure pas tant que ça, La Tia, de savoir que le pire est encore à venir !

La Tia se méfie des beaux parleurs et des belles promesses, mais ce qu’elle craint le plus, ce sont les belles parleuses et les beaux discours.

« On n’a pas intérêt à être vieille ! Je vous le dis, moi ! ». La Tia, c’est son refrain à elle, ça !  Elle voudrait bien que ça se sache, « Pour éviter à quelques-unes, la catastrophe ! ».

La Tia milite et prévient : « Il ne faut jamais aller chez un médecin qui laisse mourir ses plantes vertes ! ».

La Tia aime bien parler avec les petites gens de sa condition. Ça tombe mal pour elle, à El-Ançor, il y en a, de plus en plus, que se croient sorties de la cuisse de Jupiter, la purée !

La Tia a une bouche de miel, mais une langue de vipère.

La Tia s’est mise d’accord avec elle-même, ce qui est bien la plus grande victoire  qu’elle pouvait remporter sur l’impossible !

Avec La Tia, il ne faut jamais discuter. On a toujours tort. Surtout lorsqu’on a raison, parce qu’alors on a tort d’avoir raison.

En colère, La Tia ? Elle n’est pas en colère, La Tia ! La Tia est une colère ! C’est une colère sur pied, La Tia !

Jusqu’à pas très longtemps encore, La Tia croyait que le penthotal c’était un pain complet. En tout cas, à la boulangerie de chez Germaine, il n’y en avait pas !

Le clafoutis de La Tia, toutes les cerises ont glissé d’un côté… Un quartier riche, un quartier pauvre.

« Ah ! Que ne suis-je riche, pour venir en aide à la pauvre que je suis ! ». Dans sa cuisine, en espagnol et en français, La Tia, parfois, aime bien déclamer !

Quand La Tia a entendu le chant des sirènes, chaque fois c’étai les gendarmes !

Si on l’écoutait un peu plus, La Tia, on ne dirait plus qu’elle parle toute seule dans le vide.
Quand La Tia se tait, c’est qu’elle va dire quelque chose. Sûr ! Ses voisines, à chaque fois, organisent des paris !

La Tia a beau dire, parfois c’est tout le contraire.

La Tia croit en Dieu. Elle a dit « Je crois », elle n’a pas dit qu’elle en était sûre à cent pour  cent.

La Tia est un peu gourmande, comme tout le monde. Elle n’aime pas tellement des mantecaos, mais les rollïcos, ça oui, elle en raffole !

La Tia n’accepte jamais un cadeau. Si ce qu’on lui offre était si formidable que ça, on ne lui ferait pas de cadeau !

La Tia, ça ne la gêne pas une seconde d’être un peu radine sur les bords, bien au contraire.

La Tia a voulu une perruque, mais elle la met à l’envers, avec les cheveux à l’intérieur parce que ça tient chaud ! Les vieilles, des fois, faudrait pas que ça vieillisse trop, disent ses voisines !

La Tia faudrait qu’elle aille voir le docteur mais elle a peur qu’il lui dise de faire le régime, de se ménager… et tout, et tout ! Pour s’entendre dire, une fois encore, qu’on ne peut plus être ce qu’on a été, c’est pas la peine de consulter !

La Tia, ça lui est égale de devenir aveugle. Elle en a assez vu comme ça !

Quand La Tia dit à tout le monde qu’elle est désespérée, c’est que ça va beaucoup mieux.

Un Opéra aux Pinicos ? Pouff ! Et qui c’est que c’est que ça va intéresser d’aller jusqu’aux Pinicos pour écouter un opéra ? La Tia ne comprend pas pourquoi le Comité des Fêtes du village se démène autant pour rien !

La Tia s’y connaît un peu en calotte glaciaire: le frère de son beau-fils est bête comme un iceberg. Trois fois plus bête que ce qu’on voit !

Parfois, franchement, la solitude, La Tia se dit que vraiment, c’est mieux que la foultitude des jours de fête !

Hier soir, chez La Tia, avec ses voisines, c’était presque un dialogue de muettes, tellement c’était in dialogue de sourdes…

Quand elle parle à haute voix, on entend mieux ce qu’on dit, en tout cas, à La Tia, ça lui fait ça…

La Tia n’a pas une bonne mémoire, quand elle se souvient d’une image, ça fait doucement amateur.

A Noël, l’horreur pour La Tia c’est de choisir les cadeaux. Elle en connu tellement de Noël, qu’à la longue, elle ne sait plus quel cadeau encore choisir !

La Tia va aller chercher sa boîte de chocolats au sapin de Noël de la Mairie. Elle va se dépêcher, elle va pas trop traîner sinon, ses chocolats elle va se les retrouver dans l’estomac d’une plus gourmande qu’elle !

Son foie, à La Tia, c’est son talon d’Achille. C’est ce qu’elle dit La Tia dès qu’elle a trop mangé  de chocolats !

Toute cette joie dans les rues et sur la place du village, pour La Tia, ça fait secte en liesse !

Avec son chat malade, le Jour de la Fête du village, La Tia n’a pas tellement envie se de s’amuser… Ses voisines vont essayer, toute la soirée, de comprendre.

Si La Tia doit amener un livre sur une île déserte, elle, elle amène : « La cuisine des îles ». Mais ça l’étonnerait beaucoup que ça se fasse, ce voyage !

Que les astres nous gouvernent, La Tia, elle ça ne la gêne pas. Bien, au contraire. Ça la rassure même, un peu !

La Tia, fine cuisinière, a constaté que plus on sale la soupe et plus les carottes vont avoir tendance à flotter. Plusieurs voisines, qui, en temps normal, ne doute pas, là, sont très sceptiques ! Elles tiquent, même !

Pas un seul nuage depuis trois mois ! Et depuis hier, temps un peu couvert. La Tia voit des nuages partout !

Une cuillerée de miel tous les matins, ça fait descendre, à vitesse grand V, son pot à La Tia !

La Tia aime bien discuter avec quelqu’un qui est d’accord avec elle, ça fait bien et mieux avancer la discussion, elle trouve.

La Tia, du moment que dans le car de la Sotac elle n’est pas assise au-dessus de la roue, pos, elle peut faire dix fois l’aller-retour El-Ançor-Oran, sans arrêt ! Elle s’en fiche un peu, elle voyage et elle voit du paysage !

Hier, pour midi, La Tia a mangé du pain tout mou… Sans rien avec. Ni un bout d’oignon, ni une gousse d’ail. Un vrai exploit !

La Tia, on lui avait fait des photos souvenirs, mais comme elle les a égarées, elle ne se souvient plus trop bien de rien…

Quelques fois, La Tia s’ennuie tellement que même l’ennui doit s’ennuyer.

La Tia a souvent un petit creux en toute fin de journée. Ce n’est pas alors vraiment le moment de faire un régime !

Quand on a tout, il faut penser à ceux qui n’ont rien. La Tia fait remarquée que personne a tout ! Elle, parfois, il n’y a rien du tout sur ses biscottes sans sel, alors !

C’est plus pour Dieu que pour elle que La Tia va à la messe, le dimanche.

Il y a bien longtemps, avec son mari, La Tia avait voulu faire faire « Chambres d’hôtes ». Ils avaient des couples d’alcooliques. « Anisette d’hôtes », c’était !

Repartir à zéro, ça n’intéresse pas une seule seconde La Tia, elle en revient !

La Tia ne sait pas si l’argent est vraiment omni présent chez elle, ou s’il n’est pas, plutôt, omni pas là !

La Tia ne se souvient jamais de ce qu’elle a fait la veille. C’est dire combien ça pouvait être intéressant !

Au championnat d’El-Ançor de tricot, La Tia est arrivée 38ème, évidemment. La veille elle s’est couchée à minuit ! Comment voulez-vous qu’elle soit en forme après des heures aussi indues ?

La Tia a la lune à côté de chez  elle. Souvent, quand elle n’a plus rien à faire, elle la regarde, en la dévisageant bien comme il faut.

La Tia parle toute seule, mais elle dit que c’était seulement quand il y avait du monde. Toute seule, elle ne parle jamais.

La Tia demande qu’à nous croire, mais il faut qu’on demande qu’à pas lui mentir.

La mémoire, c’est bien, on se rappelle de tout. C’est bien quand on en a. La Tia n’en a que partiellement.

La Tia est tout le temps gaie en ce moment, elle pétille comme un Aspro. Elle n’y peut rien.

La prudence est la mère de la porcelaine, à l’intérieur de chez La Tia, c’est plus vrai que partout ailleurs.

L’accélérateur de particules, pour ceux que ça intéresse, venez voir La Tia à sa maison quand elle fait les poussières !

La Tia n’aimerait pas être un poste de télévision. Elle n’aime pas qu’on la regarde.

La retraite, d’après La Tia, il faut la prendre quand on est encore jeune, parce qu’après, on ne sait pas trop ce qui peut arriver.

Pour cacher ses économies, pas besoin de les enterrer dans le jardin, comme ceux d’autrefois, La Tia, elle, un pot de géranium, ça suffit.

A son âge, assez avancé, La Tia fait encore son jardin, mais elle se fatigue très vite. Elle ne tient plus trop debout trop longtemps. Elle tombe et elle s’étale sur ses légumes.  Après, rien ne veut plus pousser.

Dans mille ans, à El-Ançor, à cette heure-ci, il sera midi. La Tia est un peu voyante !

La Tia est formelle : un bifteck haché, une vache n’y trouverait pas son veau.

La Tia, qui n’est pas une rabat joie, elle, la rigolade ça ne la fait pas rire, du tout !

La Tia pense que la vie, c’est comme une boîte de rollïcos. On ne sait jamais s’il en reste dedans.

La mémoire, dit La Tia, est un muscle qu’il faut savoir entretenir, mais elle, elle admet qu’elle n’a jamais su trop bien s’y prendre.

Si vous saviez le nombre de fois que La Tia a pu dire dans la vie « Mange ton poisson, c’est bon pour la mémoire ! ». C’est dommage et aberrant qu’elle n’en ait pas un tout petit peu, aujourd’hui !

La terre entière ça doit bien peser lourd, déjà que quand La Tia soulève un pot de fleurs, ce n’est pas trop facile !

La Tia rajeunie à vue d’œil… La Tia adore se mentir !

La Tia se tait parfois, mais ce n’est jamais quand elle n’a rien à dire. Est-ce que La Tia doit absolument dire tout ce qui lui passe par l’esprit ? Sur ce sujet, aussi, ses voisines sont très divisées.

Peut-être que La Tia devrait consulter ses voisines : est-ce que toutes les pensées doivent lui tomber sur la langue, comme dans une machine moderne de chewing-gum ?

La Tia n’aimerait pas mourir soufflant les bougies de son gâteau d’anniversaire, quatre-vingt-quinze ans et une minute ! La minute qui fait déborder le vase, c’est la minute qu’elle redoute le plus !

A El-Ançor, il y a des gens, dit La Tia, qui savent tout, mais c’est tout ce qu’ils savent ! De plus en plus.

La Tia ne laisse jamais en attente que les choses que les choses qu’elle va faire tout de suite. Quand on remet les choses à plus tard, La Tia trouve que ce plus tard arrive toujours trop tôt.

Pour la Tia, à quoi bon remettre à demain ce qu’on peut faire avec ses pieds ? Remettre au lendemain ce qu’on peut faire le surlendemain, La Tia, ne le fait jamais : sinon, elle serait un jour en retard.

Si La Tia dit : « Je ne partage pas votre avis ! », pourquoi s’entend-elle répondre par ses voisines : « Les avis sont partagés ! » ?

Dans la vie, on a toujours tendance à idéaliser l’ailleurs, estime La Tia.

La Tia, ça ne la fait pas tant rire que ça de passer des nuits blanches à cause de ses idées noires. Mais La Tia va tant bien que mal et si tout le monde allait aussi bien qu’elle, elle irait beaucoup mieux !

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