Jours tranquilles

Chronique du temps qui passe, qu’on voit passer à grande vitesse, et petits faits des grands moments de la vie de tous les jours à El-Ançor…

Certains disent qu’il se passe toujours quelque chose sur la Place de l’Avenir. Depuis plus de soixante ans qu’il y passe, Monsieur Riera n’a rien remarqué.

Monsieur Garrido n’a plus de problème de parking. Il a acheté une voiture en stationnement.

Non, tout le monde ne peut pas être d’El-Ançor. Il en faut bien d’un peu partout. Monsieur le Maire est très convaincant lorsqu’il argumente.

Monsieur Garraud vend le petit manuel « Comment bien faire pousser ses tomates ». Il n’y a que les touristes pour acheter ça.

Monsieur Benïacob estime que lever le coude est la meilleure façon de ne pas baisser les bras.

Soupe en sachet pour Monsieur Andréo. Il se demande, s’il aurait dû mettre plus d’eau, ou alors l’inverse. Et s’il demandait à maman ?

Si Dieu avait voulu que nous volions de nos propres ailes, il ne nous aurait jamais donné les cars de la Sotac. Tonton Manuel aime les suppositions un peu foireuses.

Les chances que Monsieur Montoya devienne garde champêtre du village sont infinitésimales. Il joue trop bien du tambour.

Madame Lopez affirme que si elle avait été la Vierge Marie, elle aurait dit « non ».

Tata Ginette abandonne l’idée de se faire refaire les seins. Ça lui coûterait la peau des fesses.

Déjà dix jours que la glaciaire de Madame Solivarés n’est pas tombée en panne.

Concours de rots chez les Martinez. Le grand-père n’est pas en forme.

Les choses sont trop simples, pour être vraies. C’est pour ça que Madame Miloud passe du temps à les compliquer.

Tante Pépica a 65 ans aujourd’hui, mais s’il y avait eu15 mois dans l’année, elle n’aurait que 48 ans, aujourd’hui.

C’est toujours par la faim que Monsieur Chupin Fils commence un bon repas. Un jour, il finira par prendre du poids !

Quelquefois Monsieur Lopez imite le grand Caruso. Les voisins pensent à une rage de dents.

Le Tio Manolo a acheté des Bastos contrefaites au Village Nègre. Moins chères, moins bonnes, mais elles font tousser pareil !

Tata Louisette pense adhérer au Parti de Monsieur le Maire. À titre posthume.

Monsieur Péral fils a entendu dire que les cataplasmes d’urine de porc font pousser les cheveux. Monsieur Péral Père dément.

Une seule paire de chaussures, trois enfants. Solution, Monsieur Rodriguez les envoie à l’école à tour de rôle.

Tonton Lucien s’endort sur le ventre et se réveille sur le dos. Qui s’amuse à le retourner dans la nuit ?

Le Docteur Mandeville s’interroge. Ses malades sont toujours optimistes. Peut-être que l’optimisme est aussi une maladie ?

Un bienfait n’est jamais perdu. C’est pour ça que Madame  Sanchez n’en trouve pas.

Sur la Place de l’Avenir, El Tio Adolfo est tellement occupé à ne rien faire que la seule idée de faire quelque chose – qui peut facilement mener à faire quelque chose – l’interrompt dans ce qu’il est en train de faire et le force à tout laisser tomber.

Une chose inquiète Madame Martinez : si le Paradis a une porte, c’est qu’il y a des murs…

Quoi qu’en pense Madame Garcia, qui est la plus bavarde de sa cour, le silence n’est pas une langue morte.

Le comble de l’anonymat pour Monsieur Alajarin : voyager incognito dans un avion de reconnaissance.

Tout le village dit que le Tio Paquo a l’esprit de contradiction. La preuve que c’est faux : il est complètement d’accord.

Tonton Pépico pense que sa voiture ne vaut plus un clou. Quand il a voulu faire la vidange, Monsieur Bocés, son garagiste, lui a conseillé de garder l’huile et de changer de voiture.

Chaque fois que Tata Cécile perd du poids, elle finit toujours par le retrouver. Tata Cécile sait chercher comme personne.

Il y a ceux qui boivent avant de manger, et il y a ceux qui boivent après. Le Tio Michout appartient aux radicaux qui boivent avant, après et pendant.

Chez les Kouider, on mange à la carte. Celui qui tire l’As de pique, mange.

Tata Marcelle aime tellement son mari qu’elle en perd la raison. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle l’aime.

Madame Garcia vient de fêter, au très petit comité, le dixième anniversaire de ses trente-neuf ans.

Oncle Sylvain en a fait le constat : une femme sur ses genoux avec laquelle on n’est plus trop d’accord, c’est lourd !

Ce sont des œufs du jour, Madame Bourquin ? – Bien sûr, la nuit, mes poules dorment !

Que pense Tata Jacqueline de Brigitte Bardot ? Elle a des choses plus importantes à penser actuellement, Tata Jacqueline. Elle a un yaourt à manger. La date d’expiration est aujourd’hui. C’est sa priorité avant Brigitte Bardot !

Monsieur Bénïacob boit pour calmer ses nerfs. Hier soir, il les a tellement calmés, qu’il ne pouvait plus bouger.

Madame Rodriguez a une très mauvaise mémoire pour les noms, mais elle ne se souvient jamais d’un visage, non plus !

C’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes, alors Tata Antoinette, quand elle achète une casserole neuve chez Monsieur Garraud, elle ne l’utilise pas avant qu’elle soit vieille. À la maison, tout le monde, chaque jour, a de plus en plus faim !

El Tio Pepe pense qu’il ne faut jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire le surlendemain ; sinon on serait un jour en avance.

Monsieur Rhamani, lui, boit pour oublier, mais ce qu’il oublie, c’est quand il doit s’arrêter.

Tata Roselyne préfère ne pas savoir la date de sa mort, celle de sa naissance lui donne suffisamment le cafard.

Depuis ce matin, Madame Montoya n’est là pour personne. Ni qui que ce soit en particulier.

Monsieur Murcia Fils ne sait pas ce qu’il a mangé, mais il n’en mangera plus…

Madame la Directrice de l’Ecole de Filles accepte les remises en question. Pas le lundi, pas le mardi, le mercredi non plus, le jeudi, ce n’est pas possible, le vendredi encore moins, le samedi et le dimanche, ce ne serait pas raisonnable.

Tonton Lucien se plait à dire, souvent, qu’on se rapproche toujours un peu plus de la France chaque fois qu’on fait quelques brasses aux Andalouses.

Monsieur Rhamani tient à préciser qu’il ne boit jamais, sauf s’il est seul ou accompagné.

Madame Sanchez se sent aussi jeune que si elle était née ce matin. Mais la journée a été longue.

Tatie Simone soutient que si tous les animaux de la création ont accepté d’embarquer sur l’arche de Noé, c’est parce qu’ils pensaient qu’il y avait un casino à bord.

Vu son âge avancé, le Tio Manolo admet ne plus courir après les filles, sauf dans les descentes.

À la fin du repas, emporté par une crise de démence furtive et passagère, Tonton Ferdinand a bêtement proposé d’aider à faire la vaisselle.

Qui voudrait vivre dans un monde sans sucre ? Madame Péral se le demande chaque fois qu’elle boit son grand bol de café au lait.

Au moins, dix fois par jour, Monsieur Banana, adjoint du Maître-nageur des Andalouses aime à prévenir les estivants: « Là où le cul-de-jatte a pied, ne plonge pas la tête la première ! »

Ce qui ressemble le plus à la Tia Manola lorsqu’elle chante ses malaguenas, c’est le cri de son chat quand elle le met à chauffer par erreur dans sa cocotte.

Ça le fatigue, mais alors, ça le fatigue… toutes ces discutions byzantines avec ses parents, le jeune Gimenez !

Tonton Julio déteste les douches froides. Elles le stimulent et après il ne sait plus trop quoi faire.

Madame Garcia déplore devoir écouter sans effraction toutes les banalités de la vie privée de ses voisines de cour bien-aimées.

El Tio Juan n’arrive pas à comprendre comment sur plus de 100 000 spermatozoïdes, c’est son beau-fils qui a été le plus rapide.

Madame Ivanez a la lune à côté de chez elle, alors, des fois, elle la regarde. Pour elle, le voyage d’El-Ançor à la Lune, c’est une seconde avec les yeux.

Cousine Francine arrive à taper 101 mots à la minute, mais dans son propre langage à elle.

Madame Lopez aimerait bien que sa belle-mère se taise un peu, histoire que l’on puisse entendre les mouches voler.

La ligne droite est le plus court chemin que Monsieur Compan, cantonnier, ne prend jamais.

Tôt ou tard, le prochain battement de son cœur sera le dernier. La Tia Dolorès est un peu voyante.

Tata Lucienne adore les gens qui ont le courage de ses opinions à elle.

Le beau-frère de Madame Gimenez est comme la cavalerie, il arrive toujours après la bataille.

Plus ou moins, pour Madame Tari, l’inévitable ne se produit jamais mais l’inattendu arrive toujours.

C’est ce que dit toujours la Tia Antonia : « Faut pas vieillir ! » mais personne ne l’écoute !

Petite confidence de Tonton Joaquin : les arguments de son beau-fils sont bidons comme des jerricans en vieux zinc.

Madame Péralès ne se sous-estime jamais elle-même. Il y a assez de monde qui s’en charge.

Qu’est-ce qu’elle peut bien faire du matin au soir sa belle sœur ? Elle se subit comme d’habitude, dit Madame Navarro.

Quand Monsieur Jdid passe commande à son cerveau d’une idée de génie, les délais de livraison sont incroyablement longs.

Tonton Gilbert n’aurait jamais pu être boucher, à la ville. Il n’avait pas le cœur. Il n’aurait pas pu être matador. Il n’avait pas les tripes. Il n’aurait pas pu être Bardot, non plus. Il n’avait pas les fesses.

Depuis ce matin, Monsieur Murcia a un problème : il n’a pas de problème.

Logiquement, Madame Boutaleb devrait devenir de moins en moins jeune. Dommage pour elle, la pauvre !

El Tio Manolo imite le chien qui aboie quand la caravane passe. Ce n’est pas très ressemblant !

Tonton José a, sans doute, quelques défauts et des qualités qu’il cache bien… mais, il s’aime sans réserve.

E=mc2, mais si on marchande un peu, comme on sait tous le faire à El-Ançor, on peut l’avoir pour beaucoup moins cher.

C’est évident et bien clair, pour Madame Zoubir, un jour nouveau est arrivé, ce matin.

Esprit un peu lent, Tonton Gabriel cherche longtemps les mots vifs pour le dire. La journée risque d’être trop courte !

Est-ce que c’est bien charitable de se moquer de ceux qui sont en Enfer quand on est soi-même au Paradis ? Madame Pérez, avec quelques-unes de ses voisines de cour, vient le lancer le débat. La journée entière va-t-elle suffire ?

Madame Bouameur n’aimerait pas être une porcelaine dans un magasin d’éléphants.

Tatie Gilberte résiste tous les jours à la tentation de dire des vérités désagréables… Alors que ça pourrait tellement la défouler.

Monsieur Garcia Fils a toujours su qu’il était quelqu’un de bien mais, s’il fait un effort, il croit que le terme « extraordinaire » serait plus approprié.

Madame Beladjin s’est souvent demandée où elle voulait en venir…

La nouvelle fiancée de Tonton Victor a des yeux magnifiques. Il aime beaucoup celui qui est bleu.

En ce moment, Monsieur Bénïacob trinque « souvent-très rarement », comme il le dit si bien.

Madame Garcia est tout à fait de son avis sur presque tout.

S’il ne se connaissait pas, le rêve de Tonton Diégo serait de se rencontrer.

El-Ançor est petit, c’est vrai, mais Pepico El Mudo, d’après ce qu’on a compris, n’aimerait pas avoir à le repeindre.

Madame Bensaïd se trompe tout le temps. Comme Dieu !

Il arrive à Pépé Mariano de se parler à lui-même pour être sûr que quelqu’un l’écoute.

S’il n’avait pas été là, à El-Ançor, est-ce que Monsieur Kouider se serait ennuyé ailleurs, sur une autre planète ?

Monsieur Cuenca Père croit qu’il apprécierait quelques bonnes années d’immortalité.

Grand Cousin Jeannot voudrait être détective. Ça demande de la cervelle, du courage et un pistolet. Il a déjà le pistolet.

Personne n’est autorisé à mourir plus d’une fois. Madame Slimane se l’autorise deux fois par jour.

Est-ce que Cousine Maryse aimerait pouvoir rester jeune toute sa vie ? Cousine Maryse adore les bonnes questions !

Entre les silences qui en disent long et les propos autorisant  toutes les interprétations Monsieur Pénalva reste perplexe.

Cette nuit, Tata Josette a rêvé de Freud. Qu’est-ce que cela peut bien signifier ?

En recherche d’objectivité Madame Lopez a voulu dialoguer avec elle-même. Impossible : elle n’arrête pas de se couper la parole.

Donnez simplement à Tonton René une bonne raquette, une boîte de balles et une superbe partenaire… et vous pouvez, sans problème, garder la raquette et les balles.

Il y en a qui croient, il y en a qui doutent, il y en a qui pensent. Le Tio Adolfo est de ceux qui pensent. Il pense qu’il croit qu’il doute.

Tonton Victor, depuis toujours, émet un déluge de mots et un crachat de pensées.

Le pire, pour Madame Rubio, c’est quand le pire commence à empirer.

Il y a des soirées tellement magiques au village que l’on aimerait offrir des béquilles à la nuit pour ne pas qu’elle tombe.

Il est une question que Tante Adèle se pose tout le temps. Si on est masochiste est-ce que c’est une récompense d’aller en Enfer et une punition d’aller au Paradis ?

Les genoux de Mademoiselle Bourquin luisent comme des œufs. Qui veut goûter ?

Feu d’artifice sur la Place. C’est toujours pareil, on y vient quand même.

Monsieur Zitouni est charmeur de mouches. Il ne fournit aucun effort.

Le toujours jeune et fringuant Paquillo ne changerai, pour rien au monde, son vieil urinoir contre une œuvre de Marcel Duchamp.

Par principe, Tonton Marcel n’écrit jamais de lettre anonyme. Ou alors, sous un nom d’emprunt.

Monsieur Depétro essaye de se mettre à la place de son fils. Les baskets lui serrent un peu.

La Tia Matildé n’a pas confiance dans le lait en poudre. Elle ne voit pas trop quel animal est capable de produire ça.

Néflier aux branches tordues, dans le jardin de Monsieur Pénalva. Qui cela peut-il être ?

Le Tio Bombara passe ses journées avec de vieux amis. Le soir, il les reconduit au fond du cimetière.

Plus du tout de vin rouge à 15°. Monsieur Béniacob débouche le produit pour les vitres.

Parfois, il ne lui reste plus que le rire à la Tia Antonia. Le rire l’empêche de toucher le fond.

Grande pâleur sur ses joues, la Cousine Marcelle, plus très jeune depuis un certain nombre d’années, a peut-être besoin qu’on l’embrasse ?

Il y a trois ans, Monsieur Hernandez a construit un clapier. Il ne sait plus où il l’a mis.

Petit Zitouni a un doigt dans le nez. Son père le lui retire. Il le remet.

Monsieur Soriano Fils pense qu’il faut éviter les défis impossibles. Monsieur Soriano Fils est, sans doute, un sage.

Tous les soirs, à vingt-trois heures cinq, le voisin d’à côté du bout du bout de la rue des Glycines plante un clou. Tous les soirs, à la même heure, la rue retient son exaspération !

Nénico soulève un caillou. Une bande de quatre cloportes se débine. Un jour, Nénico sera-t-il explorateur ? Ou bien dompteur, peut-être ?

Monsieur Rodriguez a l’intention d’envoyer son fils aîné à l’armée. Le fils de Monsieur Rodriguez à l’intention d’envoyer son père se faire voir.

Monsieur l’Adjoint Principal a deux principes : toujours dire du bien de Monsieur le Maire et mentir. Aussi souvent que possible.

Le Tio Tano pourrait faire l’ermite en pleine montagne, là-haut, aux Deux Trous. Mais comment renoncer aux chips goût paprika et autres kémia du Café Esclapez-Canto ?

A la Calère, le père du petit Marcellou fait du feu. Pour l’instant, de la fumée.

Demain, à la Carrière, séance de tir. Le Tio Bartolo va encore rater quelques cibles !

Ce n’est pas parce qu’elles parlent la même langue, que Madame Lopez et sa belle-sœur se comprennent complètement et suffisamment.

Cousin Joaquin certifie que c’est avec de la patience et un bon canif qu’on réussit à extraire le cœur d’une mouche. Cousin Joaquin, futur chirurgien au Cap ? Ou boucher aux abattoirs d’Oran ?

Monsieur Bouziane est arrivé à maturité. Il tombe.

Monsieur le Maire trouve que, chaque mois, lors du Conseil Municipal, en entend beaucoup d’à peu prêts. Heureusement, ça ne sort pas de la Mairie.

Monsieur Hachemi a des relations tendues avec ses fournisseurs. Principalement son grossiste de fèves sèches qui n’arrive jamais à le livrer, en temps et en heure. Il doit les faire bouillir, fissa-fissa, lui, après, ces fèves !

Si elle était une étoile, la Tia Consuelo ferait tout pour être filante.

Monsieur Quirantés se vante de n’être pas modeste. Rien à redire.

En toute fin de journée, dans la cour de l’école, pour imiter papa, le jeune Alain joue au tennis comme un dieu. Mais un dieu qui serait débutant !

Depuis un certain temps déjà, Tonton Lucien se sent un peu las de la langouste flambée au cognac.

Le Tio Vicente se demande pourquoi Marcel Cerdan ne boxe plus depuis si longtemps. Le Tio Vicente ne lit plus la presse sportive depuis un bon moment, apparemment.

La belle-fille de Madame Zitouni est née sous le signe de la Balance. C’est normal qu’elle pèse.

Le Tio Paquo pratique l’art de la sieste, au plus haut niveau. Sixième dan.

Monsieur Orchilles Fils dit que croiser un regard peut suffire à bouleverser une vie. Rater un trottoir aussi.

D’après lui, ces quatre-vingt-dix dernières années, le Tio Pepe a beaucoup vieilli.

Route de Bou-Tlelis, vieux chibani, se prenant pour Don Quichotte, chevauche un bourriquot. Vieux bourriquot, ne se prenant pas du tout pour Rossinante, supporte un vieux chibani.

Cousine Marinette n’accorde aucune foi à la rumeur. Le problème, c’est de savoir s’il s’agit, à chaque fois, d’une rumeur ou non.

Après de nombreuses années d’observations, le Tio Pilili est en mesure d’affirmer que l’humanité se compose de deux parties bien distinctes : Lui et les Autres. Inutile de dire que le Tio Pilili a choisi son camp.

Une première au village : Monsieur Boualem a acheté une télévision. Vu l’épaisseur des cloisons, son voisin a acheté le programme.

Madame Riera, elle, a acheté une gaine amincissante. Tout le problème, c’est de l’enfiler.

Le cochon de Monsieur Lozano est malade. Trois cents kilos de viande gâtés.

En cas de panne, au Garage Bocés, on sait changer les bougies. Mais parfois ce n’est pas les bougies. Il faut chercher ailleurs, les mains dans le cambouis.

Coquille d’escargot vide. Le jeune et intrépide Jeannico cherche l’animal tout autour. Docteur Livingston, je présume ?

Mademoiselle Agullo revendique le droit de contester la politique de Monsieur le Maire. Monsieur le Maire est à son écoute 24 heures sur 24, si elle le souhaite.

Tata Pauline, sûre et certaine que le destin va lui envoyer un signe. Elle tombe dans l’escalier.

Monsieur Barcelo fait le bilan d’une vie de sacrifices : cinq poules dans le jardin.

Tonton Marcel n’est pas Grand Maître International d’échecs. Même aux dominos, il est moyen. Il vient encore de se faire battre au tournoi du Bar Orengo.

El Tio Benito ne sait pas meubler une conversation. Il observe un silence inutile et plein d’embarras.

Pépé Gabriel ne sait pas s’il rêve qu’il est un ver à soie ou s’il est un ver à soie qui rêve qu’il est Pépé Gabriel.

À 70 ans passés, Tonton Victor  commence à regretter les pêchés qu’il n’a pas eu le plaisir de commettre.

Le vieux Larbi a peint les oreilles de son bourriquot aux couleurs du Parti de Monsieur le Maire. Maintenant il se demande si Monsieur le Maire ne va pas lui réclamer l’animal. Monsieur Larbi ne réfléchit pas toujours aux conséquences de ses coups de cœur.

Tonton Fernand est inscrit aux Fiancés Anonymes. Chaque fois qu’il est sur le point de se marier, ils lui envoient une femme en robe de chambre avec des bigoudis pour lui préparer son petit-déjeuner.

La très vieille Tia Pépa pousse son fauteuil vide dans les allées du Jardin Public. Ma parole, il faut tout faire soi-même !

Querelle conjugale. Madame Boutaleb ramasse ses petits restes de dignité sur le sol.

Et si Monsieur Teboul appelait un numéro, au hasard ? Occupé.

Monsieur Seiferer a reçu trois pruneaux. Par la Poste.

Séance d’autocritique. Monsieur le Maire en rajoute une bonne couche, comme ça il est tranquille pour six mois, au moins.

Monsieur Bachir a déjà vu ce film trois fois. Il comprend lentement.

En levant la tête, le fils Laleu a trouvé un camion GMC géant, caché dans les nuages.

Bagarre générale à la maison. El Tio Tchépao n’a pas plus d’autorité sur ses enfants qu’il n’a d’influence sur le cours de la peseta en Espagne !

Les yeux de Cousine Céleste voilés de larmes. Qui a dessiné un petit cœur sur son cahier de correspondance ?

Monsieur Hachmi pousse son carrico, qui déborde de fèves au cumin et de torraïcos, depuis deux cents ans. Au moins.

Monsieur Bocés n’a pas une confiance aveugle dans les chiffres officiels du Bureau des Statistiques de la Mairie, selon lesquels, il possède 0,37 véhicule.

Madame Pialup s’est simplement dit ses quatre vérités. Mais elle ne veut pas se croire.

Ce soir, les patates de Monsieur Négaz sont cuites à la vapeur. Monsieur Négaz aussi.

Monsieur Mauri s’est assis sur une mouche. Ah, non, une guêpe. Ça  pique !

Neuf mois que Madame Nourredine n’est pas enceinte.

La jeune Marie-France ne sait pas faire une girafe en terre glaise, dans la rigole du trottoir de sa rue. Elle ne trouve rien d’autre que de râler.

Monsieur Khadour est toujours de l’avis du dernier qui n’a rien dit.

Le vieil Antonio ne veut pas aller à l’hôpital. C’est plein de malades.

Monsieur Martinez a le nez diablement cassé. Ancien boxé.

Tonton Germain travaille dans le pétrole. À la station-service.

Madame Bouziane compte les grains de couscous sur la table. Il y en a trente-huit.

Monsieur le Maire a une montre suisse. Mais elle donne quand même l’heure du village.

Pour cet été, le maillot de bain de Cousine Gaby est si petit qu’on dirait qu’elle ne l’a pas encore acheté.

Comme personne dans le village ne connaît vraiment Monsieur Lecoq, discret légionnaire à la retraite, sa côte de popularité reste stable.

El Tio Carchoféro enfile un pull bien chaud. La cigarette ne passe pas.

Monsieur François brise un miroir tous les sept ans.

Le petit dernier des Sanchez a toujours son nez dans les livres. Ses parents n’ont pas les moyens d’acheter des Kleenex.

Tonton Gilbert ne croit pas à la réincarnation. Mais pourquoi aime-t-il à ce point les bananes ?

Ce qui a freiné El Tio Conejero dans ses études, c’est la peur d’en savoir trop.

Monsieur et Madame Martinez élèvent une espèce commune de légumineuse à croissance lente. Mais ça chausse déjà du 46.

La petite médaille a été donnée à la gentille Josette quand elle chantait. La grande quand elle a arrêté.

Vieille femme cherchant son repas dans la poubelle. Madame Jan se demande ce qu’elle a jeté hier soir.

Monsieur Djilali allume une chandelle. Ses cheveux prennent feu.

Depuis qu’elle a vu le fantôme de la Jatra Moulana, Madame Boutaleb n’a plus de varices.

Pourquoi est-ce qu’une carotte est plus orange qu’une orange ? Le petit Lulu a de telles questions que son papa est souvent à court de réponses.

Avant d’être marié, Tonton Armand avait trois théories sur l’éducation des enfants. Aujourd’hui, Tonton Armand a trois enfants et aucune théorie.

Monsieur Fernandez regarde par la serrure. Il y a un œil. El-Ançor, nid d’espions ?

Le petit copain de jeu du jeune Benagaz n’est pas tout à fait à son goût. Trop cuit, le petit lapin ne file plus tout doux sous la dent.

Comment Tatie Denise pourrait-elle trouver un mari alors qu’elle n’arrive pas à choisir une robe ?

Madame Garrido appuie légèrement pour voir. Déception, c’est mou. La vraie calintica ça n’a jamais été très dur !

Pour transformer son carrico en taxi, le petit Bouameur fait monter quatre personnes à la fois. Avant  chaque course, il  n’oublie pas d’enclencher le compteur.

La nuit, le Tio Mariano, pour mieux voir les alentours, s’éclaire à la pile Wonder, celle qu’il use à ne plus savoir qu’en faire.

Le jeune Pérales fait un régime à base de noix de coco et de bananes. Il n’a pas maigri, mais maintenant, il grimpe beaucoup mieux aux arbres.

Tonton Gilbert a fait lire, à sa femme, son manuscrit qui relate l’histoire de sa vie. Elle a ri à chaque page. Le seul problème, c’est que c’était à cause de son orthographe.

El Tio Manolo trouve que ce qui est bien quand on est vieux, c’est qu’on peut chanter en se lavant les dents.

Cousin Louis perd pour la seconde fois d’affilé à la Ronda. Course folle de ses yeux sur le jeu de cartes. Et si les cartes étaient truquées ?

Pour Madame Dessola, il n’est pas toujours facile de remettre les pendules à l’heure, surtout avec quelqu’un comme sa belle-mère, qui cherche souvent midi à quatorze heures.

Avant de mourir, le Tio Francisco aurait bien voulu laisser une trace dans l’histoire du village ou du monde. Ce soir, il s’en contrefout totalement.

Rumeurs de pot-de-vin à la Commission Centrale de Vérification de la Cave Coopérative. Quelqu’un propose de créer une Commission Centrale de Vérification Disciplinaire de la Commission Centrale de Vérification.

Depuis avant-hier soir, Madame Lozano a décidé de croire en Dieu. Mais elle n’est pas sûre qu’il y gagne.

Madame Pialup parle toujours de son âge et ne le dit jamais.

Retourner sa veste ne pose aucun problème à Monsieur François. Par contre, retourner ses chaussures, oui !

La Tia Frasquitta aimerait que quelqu’un lui explique, bien en détail, pourquoi, tout à coup, on a un temps aussi pourri depuis deux jours.

Madame Slimani a l’esprit encombré de réponses à des questions que personne ne se pose.

Tata Lucette a tellement honte d’emprunter qu’elle n’ose pas rendre.

Lever de soleil. Monsieur Barleman remercie le ciel d’être en vie et à cheval.

Monsieur le Maire explique, en vain pour l’instant, à son Adjoint aux Sports qu’une cravate à pois jaunes sur une chemise à raies violettes peut coûter une dizaine de voix.

Au tableau noir, coach Picard  démontre avec véhémence pourquoi et comment l’équipe première prend autant de buts. Heureusement ça ne sort pas des vestiaires.

Tata Simone a déjà vécu cet instant. Encore un bug dans la matrice.

Le travail est pour Monsieur Bouazza la chose la plus sacrée. C’est pour ça qu’il n’y touche pas.

Tous les samedis soir, le jeune André demande à son père de lui prêter ses clés de voiture. Et chaque fois, il s’entend répondre : « D’accord, mais ne les perds pas. Un jour, nous en aurons peut-être une. »

Madame Martinez attend que son mari soit sorti pour lui dire ce qu’elle pense.

Saint Pierre est prévenu : s’il ne retient pas la candidature du Tio Juan pour une place au Paradis, il passe à la concurrence !

Monsieur Andréo veut bien changer d’opinion. Mais avec qui ?

El Tio Tarambana ne s’est jamais marié. A chaque fois qu’il en a trouvé une qui cuisinait comme sa mère, elle ressemblait à son père.

Le jeune Gérard contemple sa chaussette. Elle a la forme d’un pied.

Monsieur Lubrano calcule qu’en dormant deux heures de moins par jour, il vivra un mois de plus par an.

Le plus jeune des Teboul contemple son pied. Comment dessiner ça ?

Monsieur le Maire est pour élever très haut le débat. Pour l’Opposition c’est une façon élégante de la perdre de vue.

Monsieur Fernandez a reçu un cadeau. Il va falloir l’ouvrir. Quel catigo !

En été, pour faire croire qu’il a la climatisation, Monsieur Lopez roule les fenêtres de sa Juva 4 fermées et sue à grosses gouttes.

Avec 40 ans de moins, Mademoiselle Georgette pourrait faire la cour à ce jeune caporal-chef.

La Tia Consuelo est prête à rencontrer Le Créateur. Quand à savoir s’il est préparé à la recevoir, c’est un autre débat.

Tata Mireille dit que Dieu a créé l’homme parce que le singe l’avait trop déçu.

Sans les puissants défauts de ses simples qualités, El Tio Ramon se supporterait difficilement.

Monsieur Kadour emmène ses enfants absolument partout, mais ils finissent toujours par trouver le chemin pour rentrer.

Le père de Mademoiselle Yvonne a eu une très grande influence sur elle. C’est un lunatique.

Madame Péral est formelle : le meilleur remède contre le mal de mer, c’est de s’asseoir sous un arbre.

Tata Fernande pense que la moitié du village seulement se tient informée… Et que c’est sûrement l’autre moitié qui vote !

L’adjoint du chef du personnel du Domaine Famin a renversé du vin sur la table. Mauvais présage.

Heureux présage. La tache de vin a la forme d’une gargoulette.

Madame Bourquin se souvient de son premier œuf. Datation au Carbonne quatorze.

Mademoiselle Halima travaille à la Mairie, au Bureau des Statistiques. Son travail est simple : on lance deux dés et on additionne le total des points obtenus.

Madame Gimenez ne prie jamais parce qu’elle ne veut pas ennuyer Dieu avec ses soucis.

Travailler, Monsieur Gomez est d’accord. Encore faut-il en avoir le temps.

Sa belle-mère n’était pas à bord de l’Arche de Noé, Tonton Raoul en est sûr, car on n’a pas réussi à trouver l’animal avec lequel elle aurait pu faire la paire.

Comment se peut-il que le Tio Tchépao qui joue de l’harmonica depuis plus de quarante ans, n’ait jamais progressé d’un pouce ?

Monsieur Pénalva n’a pas engagé Marcel parce qu’il est son fils. Il l’a engagé parce qu’il est marié à sa mère.

Le fils Martinez, le plus grand, se demande si l’inventeur de la chaise a été obligé de faire les plans de son invention debout ?

Tonton Vincent est bien dans sa peau. Elle est juste à sa taille.

Monsieur Jan prétend que le sommeil est l’une des meilleures façons d’écouter de l’opéra. Son épouse en est moins sûre et plus circonspecte.

Madame Pérez déteste les travaux ménagers. On fait les lits et la vaisselle, et six mois après, tout est à recommencer.

Depuis trente ans, Madame Garcia ne sert que des restes à sa petite famille. Le problème, c’est que personne n’a jamais encore pu trouvé le plat d’origine…

Les commentaires sont fermés.